Mari et femme
Régis de Sa Moreira
Au Diable Vauvert – Août 2008
Alors qu’ils viennent de prendre la décision de se séparer, un couple se réveille un matin chacun dans le corps de l’autre. Comment est-ce arrivé ? Nous ne le savons pas. Mais c’est un fait : le narrateur, l’homme, vient de se réveiller dans le corps de sa femme. C’est son corps à elle qu’il aperçoit quand il se regarde dans le miroir. C’est son corps à lui qu’il aperçoit de l’autre côté de la table du petit-déjeuner.
Grâce à ce petit tour de magie, Régis de Sa Moreira tente d’assouvir le fantasme de vivre la vie d’un autre, ainsi que celui de savoir ce qu’est être une femme pour un homme. Sauf que là, ce couple ne l’a pas choisi.
Le narrateur – l’homme de ce couple – va donc découvrir le regard des autres sur sa femme, les émotions ressenties par sa femme, le travail de sa femme, l’orgasme féminin, etc. Et ces sujets-là me semblent plutôt bien traités.
Le style qu’a choisi d’adopter Régis de Sa Moreira pour nous conter cette histoire est l’autre particularité de ce roman : le narrateur parle à la deuxième personne du singulier.
« Le café est beaucoup trop fort.
Ta femme lève tes yeux et te regarde pencher son visage dans ton bol.
Tu te brûles son nez et relèves sa tête d’un coup.
Ta femme pose ta main sur ta poitrine et se remet à tousser. »
Au début, c’est compliqué, il faut s’habituer, s’accrocher, réfléchir pour comprendre de qui parle le narrateur : les yeux de son corps d’homme ? les yeux du corps de sa femme ? Puis cela vient vite car c’est ainsi tout le long et finalement, ce style convient très bien à cette histoire.
Un petit bémol ? La fin. J’imaginais quelque chose de plus surprenant…
Malgré ce petit bémol, je vous recommande ce livre car c’est avant tout une belle performance de style !
Retrouvez aussi les avis d’Amanda (que je remercie pour le prêt !), Anne-Sophie, Arsenik, Chiffonnette, Cuné, Emeraude, Joëlle, Laure, Lily.




j’ai très envie de le lire également
Il est sur ma pile, celui-là, et après ton billet je sens qu’il va vite remonter de quelques échelons (ben oui, il est déjà enseveli…). J’aime bien lorsque l’auteur s’adresse au lecteur directement, ça devrait me plaire.
Je vais certainement finir par le lire, celui-là… il me tente bien!
Au fait… tu as acheté quoiiii en Angleterre??? Juste pour me donner des idées, là! Au cas où j’en manquerais!!
@ Stéphanie : Il t’attend !
@ Maijo : Ah le problème des glissements de terrain de PAL… je le connais aussi ! Va vite le chercher avant de ne plus pouvoir y accéder !
@ Karine : J’essaie de raconter mes achats anglais ce soir pour que vous puissiez les lire demain… un peu de patience !
Apres avoir lu et adore Le libraire de cet auteur, j’ai bien envie de me laisser tenter par ce livre !
@ Liyah : Et moi, il faut que je lise Le libraire après tout le bien que j’en ai entendu !
Un peu sur le même thème, je te conseille vivement “Orlanda” de Jacqueline Harpman, une psychanaliste suisse qui a obtenu je ne sais plus trop quel prix littéraire lors de sa sortie. Là c’est une femme qui se retrouve dans le corps d’un beau jeune homme mais garde son esprit féminin. Elle découvre également certaines sensations typiquement masculine. Le livre est drôle (forcément) et intéressant car assez analytique… Il étudie des paradoxes tels que “si je couche avec un homme dans ce corps, est-ce que je reste hétéro ou pas ?”. J’avais beaucoup aimé ce livre.
@ Cécile de Quoide9 : Je note ce titre car il semble être le pendant du roman que j’ai lu où là, on était dans l’esprit de l’homme qui se retrouvait dans le corps de sa femme. C’est donc intéressant de voir l’autre point de vue !