« Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît… »

« … tu risquerais de ne pas te perdre… »

Rabbi Nachman de Breslau
(Citation en début d’ouvrage)

Vous avez envie de voyager ? Alors embarquez à bord du Flipo ! C’est à la fois un avion, un bateau, un bus ; il vous emmènera en Argentine, en Inde, en Thaïlande, à Cabourg, aux Ménuires, au Pérou, etc.

Qui comme Ulysse
Nouvelles en partance

Georges Flipo
Anne Carrière – 2008

A travers ces 14 nouvelles, Georges Flipo nous fait voyager. Certaines des nouvelles montrent la stupidité du touriste moyen à l’étranger (Nocturne). D’autres parlent de ces personnes qui sont partis vivre loin de leur pays (Les sources froides). Ce sont à la fois des voyages physiques mais pour certains de ces personnages, ce sont aussi des voyages plus intimes où ils se découvrent. Je pense notamment au joueur d’échec qui va s’ouvrir à la spiritualité à travers une partie d’échec (La partie des petits saints). Il y est aussi beaucoup question de rédemption par le sacrifice. Là, je pense notamment au prêtre aficionado de Et à l’heure de notre mort.

Vous l’aurez bien compris, ce recueil n’est pas seulement un voyage vers l’ailleurs, mais aussi un voyage vers les autres et vers soi.

Toutes les histoires qui nous sont contées sont un régal ; tout y est décrit avec justesse et avec style ! N’en déplaise à Ulises, le personnage de la nouvelle intitulée Qui comme Ulysse (Ulises est un auteur de nouvelles à qui un éditeur français reproche qu’il manque une chute à ses nouvelles, ce à quoi Ulises « répond que les chutes, c’est une obsession bien française ; en Amérique du Nord ou du Sud, la chute, on s’en passe très bien »), la plupart de ces nouvelles ont des chutes intéressantes et très réussies !

Et pour finir, je voulais juste vous dire que ma préférence va à la nouvelle qui s’intitule L’île Sainte-Absence. Cette nouvelle est très belle, très touchante et très bien menée. Vous pouvez la découvrir lue par Dame Cuné ! C’est très beau.

En conclusion, voilà un recueil de nouvelles que je trouve très réussi et que je vous recommande chaudement ! (Je dois vous avouer qu’écrire ce billet et aller lire les billets des autres blogueurs (voir la liste ci-dessous) me donnent terriblement envie de retourner voyager dans ce recueil !)

Et si vous n’êtes toujours pas convaincus, allez lire les billets d’Amanda (un très beau billet !), Cathulu, Cuné, Fashion, Laure, LVE, Pascal, Papillon.

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Avant de vous laisser, voici les réponses à deux questions que j’ai posées à Georges Flipo.

Caro[line] : Est-ce que, comme Joseph, le personnage de la nouvelle intitulée La route de la soie, vous avez visité virtuellement – via Internet – tous ces pays où vous nous emmenez, ou vous y êtes vous déjà rendus vraiment ?

Georges : Tous les sites où sont ancrés mes nouvelles, je les connais, je les ai visités, parfois plusieurs fois (Salta, Buenos Aires).

Je suis un voyageur plus sincère que Joseph, le gardien de phare. Vous pouvez aller devant la cathédrale de Salta, vous y croiserez le trio de mendiants que je décris, etc. Je ne voulais pas écrire de nouvelles “guides verts” (j’entends, écrites avec le guide vert, les blogs, les atlas), mais je ne voulais pas non plus écrire de nouvelles “carnets de voyages” dans lesquelles j’aurais accumulé un maximum d’indications “pour faire vrai” – on devient alors vite vraiment ennuyeux. Je ne suis pas allé les visiter “pour trouver des sujets”, mais c’est souvent en les visitant que j’ai trouvé les sujets. Et parfois même les personnages : l’infernal trio de la nouvelle Nocturne existe, je l’ai rencontré… et même le premier dialogue entre Dupont Monsieur et Dupont Madame est presque intégralement authentique. Celui-là, je ne l’aurais jamais trouvé dans le guide vert. Il y a – malheureusement – plusieurs personnages de ce recueil qui sont inspirés de personnages réels.

Caro[line] : Est-ce que, comme le personnage de Rapace, vous avez quelqu’un dans votre entourage qui vous inspire tous vos écrits ? Reprenez-vous la réalité pour la tordre “jusqu’à la rendre affreuse, grotesque” ? (extrait de la nouvelle Rapace)

Georges : Je n’écris jamais de nouvelles autobiographiques, comme l’affirme le héros de Rapace… sauf dans la nouvelle Rapace. Oui, mea culpa, je le confesse, j’ai parfois la tentation d’aller piocher dans le malheur des gens pour en tirer de belles nouvelles… et j’y ai parfois succombé, mais seulement si ces malheurs n’avaient rien d’horrible. Deux bémols quand même :
- quand je happe un sujet chez des gens que je connais, je m’arrange pour déformer la réalité, comme Rapace “jusqu’à la rendre affreuse, grotesque”.
- et je m’arrange pour introduire des leurres.

La grande différence avec Rapace est la suivante : ce n’est pas l’histoire qui m’intéresse, c’est le décor, le cadre, les détails. On me l’a apporté sur un plateau dans des nouvelles telles que Une incartade ou Les sources froides, mais le récit que j’y inscris est très différent.

Merci beaucoup, Georges ! Et très bientôt, nous découvrirons ensemble le potentiel livresque de Georges Flipo !

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Georges Flipo

Georges Flipo

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13 réponses vers «« Ne demande pas ton chemin à quelqu’un qui le connaît… »»

  1. Karine :) Dit:

    D’accord, je me rends, vous m’avez convaincue de lire ces nouvelles, moi qui ne suis pas du tout “nouvelles” au départ! La blogosphère est impitoyable!!!

  2. maijo Dit:

    Moi qui viens de dire pas plus tard qu’hier, que je trouve des qualités indéniables aux nouvelles, après ce beau billet, je ne peux que noter!

  3. Françoise Dit:

    Merci pour le “pingback” sur MOT COMPTE DOUBLE. Il est vrai que la version audio de “L’Île sainte-absence”, lue par Cuné et à son initiative, vaut le détour. J’espère que nous aurons l’occasion de découvrir ainsi d’autres nouvelles d’autres auteurs lues par celles qui en parlent le mieux (ceci est un appel du pied aux blogolecteurs-trices ! Qu’on se le dise !)

  4. fashion Dit:

    Vivement “les potentiel livresque”! Georges est décidément très sympathique!

  5. chiffonnette Dit:

    Je viens de le terminer, et je me suis régalée!!

  6. amanda Dit:

    toujours pas écouté cuné… il le faut :)

  7. Caro[line] Dit:

    @ Karine : Ah ah ah ! (Je ne sais pas si je retranscris bien mon rire spontané ?) Tu me fais mourir de rire ! Oui, la blogosphère est impitoyable, il FAUT que tu lises des nouvelles et ce recueil plus particulièrement !

    @ Maijo : Excellente initiative, surtout que je trouve vraiment ce recueil très réussi, aussi bien chaque nouvelle que la cohérence globale du recueil.

    @ Françoise : Merci d’être venue ici ! Et oui, la nouvelle lue par Cuné est vraiment une réussite ! Et lire une nouvelle, pourquoi pas ? A y réfléchir !

    @ Fashion : :-)

    @ Amanda : Oui, il le faut car c’est réussi et je trouve que la voix de Cuné est vraiment très agréable à écouter !

  8. Tamara Dit:

    J’ai demandé à Amanda de me prêter son exemplaire, je sens que je vais beaucoup aimer aussi !

  9. Caro[line] Dit:

    @ Tamara : J’espère que tu aimeras !

  10. Le potentiel livresque de Georges Flipo « Cinquième de couverture Dit:

    [...] Après avoir voyagé à bord du Flipo, j’ai accosté afin de demander à son capitaine qu’il me parle de ses lectures… [...]

  11. dasola Dit:

    Bonsoir Caro, moi aussi j’ai beaucoup aimé ce recueil de nouvelles pas très gaies dans leur conclusion (pour la plupart). Et puis, G. Flipo évoque l’Argentine et là, je suis heureuse car c’est un pays que j’ai beaucoup aimé et je rêve d’y retourner. Bonne soirée.

  12. Caro[line] Dit:

    @ Dasola : Il paraît que l’Argentine est un très beau pays. Mais je n’y suis jamais allée…

  13. Blog-O-Book » Qui comme Ulysse Dit:

    [...] Meyre, Antigone, Biblioblog, Calou, Caro[line], Cathulu, Cuné, Dasola, Fashion, Florinette, Joëlle, Katell, Kathel, Keisha, Kiki, Laure, Le [...]


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