Comment parler d’un roman lu il y 4 mois ? Comment surtout expliquer qu’il m’a fallu 4 mois pour enfin me décider à parler d’un roman que j’ai trouvé tout simplement fabuleux ? Oui, le mot est lâché : fa-bu-leux !
Mais avant de vous en parler, je vais vous expliquer le contexte dans lequel je l’ai lu.
C’était donc en juin dernier. J’étais dans une période creuse où je n’avais aucune envie de m’attaquer à des romans. Donc je lisais des manga. Puis au détour d’une conversation, un ami (on va dire que c’est un ami…) me dit qu’il a commencé un roman vraiment très très bien, très bien écrit. Et là, sur un coup de tête, je décide d’aller le midi même en librairie pour acheter ce livre. Sans en connaître l’histoire. Sans lire la 4ème de couverture.
Un pavé : 1288 pages dans son édition de poche.
Un pavé alors que je suis en panne de lectures ? Un pavé alors que je n’en suis pas trop friande, effrayée que je suis souvent par l’épaisseur et le temps qu’il va falloir passer avec le même livre ? Hé ben figurez-vous qu’en le refermant, j’ai trouvé ce moment passé avec tous les personnages de ce roman trop court ! Enfin non, pas trop court ; c’est plutôt que j’aurais bien encore passé quelques pages – quelques centaines de pages – avec eux ! Comme quoi, il suffit simplement de trouver le bon livre pour accrocher à un nouveau style, à un nouvel auteur, à un nouveau genre ou aux pavés ! (Fashion, arrête de rigoler !)
Dans la main du diable
Anne-Marie Garat
Actes Sud – Avril 2006
Babel – Octobre 2007
Septembre 1913. Paris. Gabrielle Demonchy vit avec sa tante Agota. Elles sont sans nouvelle d’Endre, le fils d’Agota, depuis plusieurs années. Une convocation au Ministère de la Guerre, et c’est la fin de l’attente : on leur apprend qu’Endre est décédé. Une malle contenant ses affaires personnelles leur est remis. Ainsi que les plus sincères condoléances de l’Etat français.
Mais Gabrielle ne veut y croire. Elle se lance alors à la recherche d’Endre et de ses derniers instants. Elle est aidée de Michel Terrier, le secrétaire du Ministère de la Guerre qui leur a annoncé la bien triste nouvelle. Rapidement, il lui livre « le nom du dernier témoin de la vie d’Endre, rien moins » : le Dr Galay. Gabrielle réussit à s’introduire auprès de cette célèbre famille de grands biscuitiers, les Bertin-Galay, en devant institutrice d’un des enfants de la famille.
Gabrielle, petit à petit, en apprendra plus sur Endre et sur tout ce qui se cache derrière sa disparition… bien plus qu’on ne l’imagine !
**********
Voilà donc un très très beau roman, aussi bien sur le fond que sur la forme.
Anne-Marie Garat a une magnifique écriture, elle écrit de belles phrases que j’ai envie de lire et relire afin d’en bien comprendre tout le sens et parce qu’il y a une poésie dans ses mots qui me touche. Pour ma part, dès que je relis un passage de ce roman, voir même quand j’ouvre un autre de ses romans qui se trouvent dans ma PAL, j’ai l’impression de plonger dans un autre univers, dans son univers. Je suis impressionnée par ses mots, ses phrases et le sens qu’elle leur donne. C’est magique !
Et son écriture est au service d’une histoire dense et de très beaux personnages. On s’attache très rapidement à Gabrielle Demonchy, mais aussi à tous ces personnages de son entourage : Renée, la nourrice de Gabrielle, le docteur Pierre Galay, la petite Millie, Dora, la meilleure amie de Gabrielle, etc.
Et l’histoire ! Anne-Marie Garat nous emmène sur les traces d’Endre, nous découvrons une grande industrie française, nous allons dans les coulisses de la famille la dirigeant, nous découvrons les premières grèves, nous entrons dans l’Institut Pasteur, nous allons à Venise, en Birmanie, au Mesnil. Tout semble très bien documenté, autant sur ce qui concerne l’industrie française, que la médecine ou le cinéma. Nous suivons avec intérêt la quête de Gabrielle, nous espérons, craignons, rêvons, perdons confiance, nous révoltons et aimons en même temps qu’elle. Comme elle, nous découvrons une grande famille d’industriels français en ce début de 20ème siècle où l’industrie commence à se moderniser. Notre coeur bat en même temps que le sien. Car ce roman est aussi une belle histoire d’amour. Même de plusieurs histoires d’amour.
Ce roman, c’est tout cela ! Alors oui, je suis complètement tombée sous le charme de l’écriture d’Anne-Marie Garat, de l’histoire qu’elle nous raconte et de ses personnages. A ce jour, c’est un vrai coup de coeur que j’ai eu pour ce roman. Un de ces coups de coeur qui durent puisque 4 mois après, les impressions ressenties lors de cette lecture me reviennent comme une évidence, l’histoire est toujours là, les personnages aussi et l’envie de me replonger dedans est forte ! Je ne peux donc que vous inciter vivement à découvrir l’histoire de Gabrielle Demonchy.
**********
Quelques extraits…
« Mort ! Endre est mort. Qu’est-ce que cela veut dire, mort ? Ce mot n’ensevelit rien, n’achève rien. Il sidère et désespère, sans vaincre le vivant qui se dresse encore. » (p.24)
« Mais le destin se joue d’un mot ou d’un silence, le choix se fait dans une part obscure où la nécessité n’a pas encore de nom, de visage, et cependant décide à notre place. » (p.65)
« Dans l’élan de sa marche, elle se sentait légère, enhardie, résolue à affronter les obstacles futurs de même qu’elle traversait, avec la détermination d’une pionnière invulnérable, la ville et son agitation du soir. Un tramway la frôla dangereusement, lui barra un instant le passage, puis libéra soudain l’espace, la longue perspective de la rue. Elle voulut y voir un signe, s’engagea en courant vers le trottoir opposé, comme si hâter son allure était se jeter déjà dans l’action.. » (p.90)
**********
A noter
- Elles l’ont lu aussi : Laëtitia, Gachucha, Nina. En revanche, Laure l’a abandonné à la page 70 (sur 902 de la version brochée).
- Le dernier roman d’Anne-Marie Garat s’appelle L’enfant des ténèbres et est paru chez Actes Sud en avril dernier. J’attends avec impatience sa sortie en poche car on retrouve certains personnages de Dans la main du diable dans ce roman qui se passe une vingtaine d’années plus tard. (Oui, j’attends la sortie en poche car je ne le vois pas me trimballer avec l’énorme broché dans les transports parisiens !) (Et les poches Babel sont si beaux !)
- Retrouvez un entretien avec Anne-Marie Garat sur AuteursTV !










13 octobre 2008 à 10:12
Tu en parles si bien qu’on n’hésiterait pas, en effet, à sortir de ce pas se le procurer. Rien que ton billet laisse pressentir le possible coup de coeur, alors je m’empresse de noter.
13 octobre 2008 à 10:32
enfin! On l’attendait celle-là !
13 octobre 2008 à 10:40
J’étais partie pour te faire une blague bête (“et sinon, on ne comprend pas bien, tu as aimé ou pas ?”), mais heureusement que je me retiens, ou j’aurais l’air ridicule. Le problème (attention, Madame Rabat-Joie entre en scène), c’est que l’intrigue ne m’inspire pas plus que ça. Mais ne pleure pas, attends : ton enthousiasme est tellement palpable que je serais prête à te suivre. Pas tout de suite parce que c’est du genre impossible, mais vraiment, je te fais confiance. Puis bon, on l’a tellement attendu ce billet, ça fait TROP plaisir de le lire !
13 octobre 2008 à 10:42
Je note, ma chère, je note.
Et les extraits choisis sont éloquents. L’écriture de Garat est très belle, évocatrice et fluide.
14 octobre 2008 à 6:23
Très beau billet, en effet tentant. Bon alors je réessayerai un de ces quatre, rien que pour toi ;o)
14 octobre 2008 à 6:57
Je ris mais juste pour te faire plaisir.
Bon, maintenant que ce billetq u’on attendait depuis 4 mois est rédigé, tu prêtes ?
14 octobre 2008 à 8:43
Bon, j’aime pas trop les pavés, mais là, on sent chez toi le coup de foudre, et donc ça me tente
Hop, sur ma LAL !
14 octobre 2008 à 8:44
je ne suis pas sûre d’aimer, mais ton billet me tente presque
14 octobre 2008 à 9:05
je me disais aussi, en ayan vu le titre de ton billet “mais, ça fait longtemps qu’elle l’a lu celui là!
”. Pour l’instant, je n’ai entendu que des avis positifs sur ce roman que je lirai sûrement un jour…
14 octobre 2008 à 9:35
Tu en parles vraiment très bien. Je note, je pense que ça pourrait me plaire !
14 octobre 2008 à 9:51
Comme Amanda, ça pourrait finalement le faire ;o)
14 octobre 2008 à 12:57
il faut que je déciuvre cet auteur mais si c’etait la seul, il va falloir que je fasse comme les chats : que j’ai plusieurs vies
14 octobre 2008 à 1:52
J’ai apprivoisé les pavés avec le Prix Fnac, je me laisserais bien tenter par le tien ! (4 mois … quelle mémoire !!
)
14 octobre 2008 à 2:37
Ouh la, sacré pavé en effet ! Ca me donnerait presque envie malgré le nombre de pages, mais faudra d’abord que je finisse les Bienveillantes pour ça, avant de me lancer dans un tel roman. (La comparaison tient pour le nombre de pages, pas pour le sujet ^^)
Par contre, si tu peux éventuellement me conseiller un autre livre moins conséquent de l’auteur, histoire de voir si le style me plait, ça serait chouette !!
Très bon blog au passage !
14 octobre 2008 à 4:03
Puisqu’il est fabuleux allons-y! J’aime avoir quelques pavés d’avance au cas où….??? Je me casserais une jambe par exemple ;-(
14 octobre 2008 à 4:29
Rien que le mot fa-bu-leux écrit en gras, ne laisse d’autre choix que d’ajouter ce livre à la LAL… et puis, il y a aussi ton avis qui nous pousse à le lire très vite ^^
14 octobre 2008 à 9:28
Jusqu’à présent, l’aspect “pavé” m’a paru un peu rédhibitoire mais cet obstacle tomberait presque après lecture de ton commentaire !
14 octobre 2008 à 11:38
@ Maijo : J’avais peur que mon billet ne soit pas à la hauteur de ce roman, que je ne sois pas arrivée à retranscrire tout l’amour que j’ai pour ce livre. Mais finalement il semblerait que j’y suis plutôt bien arriver puisque tu le notes !
@ Un ami : Hé oh, ça va, hein !
@ Erzébeth la Rabat-Joie : Allez, zou, va le lire !
@ Julie GravelR : Tu parles de l’écriture d’Anne-Marie Garat bien mieux que moi !
@ Cuné : Merci !!! (Bon, en même temps, faut pas te forcer, hein ?)
@ Fashion : Ouiiiiii, je vais pouvoir ENFIN te le prêter !
@ Meria : A tenter, à tenter !
@ Amanda : Comment faire pour que tu sois tentée entièrement ?
@ Emeraude : Bah oui, ça faisait longtemps… me suis enfin décidée et j’en suis ravie !
@ Manu : Merci ! J’espère que tu pourras bientôt le lire et que ça te plaira.
@ InColdBlog : Rho… !
@ Pom’ : Je crois qu’on a tous cette envie d’avoir plusieurs vies afin de pouvoir découvrir tous ces auteurs que l’on ne connaît pas encore !
@ Tamara : Je dois avouer que sur ce coup-là, ma mémoire m’a surprise aussi ! C’est dire combien ce roman m’a emballé.
@ Céline C. : Je n’ai pas lu Les Bienveillantes mais oui, je pense que la comparaison s’arrête au nombre de pages !!! Sinon, je n’ai pas encore lu d’autres livres d’Anne-Marie Garat. Mais j’en ai plusieurs dans ma PAL : Chambre noire, Aden et Nous nous connaissons déjà. Ces trois-là sont beaucoup moins gros. Ecrire ce billet m’a donné envie de les lire, donc j’espère pouvoir bientôt vous en parler et te conseiller donc. (Et merci pour le compliment sur mon blog !)
@ Anne : En effet, on ne sait jamais ce qu’il peut arriver, il faut être préparé à tout et toujours avoir des pavés sous le coude.
@ La conteuse :
@ Brize : En tout cas, l’obstacle “pavé” est tombé naturellement pour moi grâce à la lecture de ce roman !
14 octobre 2008 à 11:41
Un coup de cœur qui dure… les meilleurs ! comment résister.. en tout cas je tenterait c’est sûr
14 octobre 2008 à 11:48
Il me tente beaucoup, depuis un moment… mais mille quelque pages, on dirait que ça me fait freaker ces jours-ci, où je lis à peine 20 pages par jour faute de temps!!! J’en ai pour deux mois et demi, à ce rythme!!! Pourtant, avec ton enthousiasme communicatif, comment résister!!
15 octobre 2008 à 9:45
J’avais déjà très envie de le lire, tu confirmes l’impression que j’avais de ce roman. Je l’avais repéré il y a longtemps et la sortie du dernier A-M Garat m’a donné envie d’accélérer le mouvement… quand je serai venue à bout de quelques prêts et lectures urgentes je suis certaine de le lire !
15 octobre 2008 à 9:59
Superbe billet, il semble qu’on ne puisse éviter de le lire, non ?!
15 octobre 2008 à 8:17
Superbe billet! Si je n’avais pas déjà été décidée, j’aurais sans doute pris note après ça!
En tous cas, bravo pour avoir enfin réussi à nous le pondre!
15 octobre 2008 à 10:49
@ Yueyin : Tout à fait d’accord avec toi ! Les coups de cœur qui durent sont les meilleurs.
@ Karine : Même si j’adorerais que tu le lises tout de suite, je pense qu’il est préférable que tu aies du temps devant toi pour le lire, que tu puisses lui consacrer plus que 20 minutes par jour. Personnellement, j’ai eu la chance de pouvoir le lire pendant des vacances avec de longues plages de lecture devant moi. Un régal !
@ Lou : Super, il faut le lire.
@ Bladelor : Rho… je ne force personne. Mais bon, ce serait dommage de passer à côté d’un tel chef d’oeuvre, non ?
@ Lucile : EN-FIN !
16 octobre 2008 à 5:56
J’applaudis des “deux pattes” ton superbe billet et j’encourage tous ceux (toutes celles?) qui hésitent à se lancer !! Ce roman est superbement bien écrit… Il nous happe et on ne le lâche pas. J’ai eu un peu de mal à démarrer l’ange des ténèbres, peut être un peu moins fluide et complexe dans sa construction, mais il mérite quand même que l’on s’y plonge.
20 octobre 2008 à 7:22
@ La souris du Sérialecteur : Tu en parles très bien, c’est tout à fait cela : très bien écrit, il nous happe et on ne veut plus lâcher ce roman. Et je note pour L’ange des ténèbres et oui, je lui donnerai sa chance, c’est impossible de ne pas le lire après le coup de foudre que j’ai eu pour l’écriture d’Anne-Marie Garat et ses personnages.
29 octobre 2008 à 12:42
Bonsoir Caro, grâce à Rosa une blogueuses qui m’a envoyé ce roman, j’ai passé 1 semaine en immersion en lisant ce magnifique roman de 1287 pages. C’est magnifiquement écrit et l’histoire est haletante de bout en bout (voir mon billet du 05/06/08). Bonne soirée.
29 octobre 2008 à 11:19
@ Dasola : Nous sommes bien d’accord !
Et je mets ici le lien vers ton billet :
http://dasola.canalblog.com/archives/2008/06/05/index.html
30 octobre 2008 à 5:14
[...] la lecture ! Ou tout simplement pour me faire plaisir ! (Et quitte à me faire plaisir, lisez aussi Dans la main du diable d’Anne-Marie Garat !) (D’ailleurs, je voudrais aussi en profiter pour dire tout l’amour que [...]
2 novembre 2008 à 8:41
beau commentaire
j’ai beaucoup aimé moi aussi
3 novembre 2008 à 8:29
@ Odilette : Merci !
4 décembre 2008 à 10:00
[...] semblerait, en fait, que j’aime les pavés. Bah oui. Autant en emporte le vent = 1222 pages. Dans la main du diable d’Anne-Marie Garat = 1288 pages. Et maintenant ce roman-là = 763 pages (petit pavé, en fait !). Trois romans que [...]
28 décembre 2008 à 7:05
[...] Anne-Marie Garat pour Dans la main du diable [...]
26 janvier 2009 à 8:25
[...] pour cet auteur ne peut m’en vouloir puisqu’elle a abandonné en cours de route mon coup de coeur de l’année 2008 !), Karine, Emeraude, Chiffonnette, Lilly, Lou (elle a écrit une lettre à Jasper Fforde qui vaut [...]
12 février 2009 à 6:37
Et bien, on peut dire que tu tentes la lectrice fougueuse que je suis … JE NOTE!!!!!
17 février 2009 à 8:02
@ Romanza : Ah oui, note et lis-le ! J’espère qu’il te plaira !