Prendre des cours de LSF (Langue des Signes Française), ce n’est pas juste apprendre une nouvelle langue. C’est aussi découvrir un autre monde, m’ouvrir à la culture sourde, prendre conscience de nos différences, me rendre compte combien notre monde n’est pas adapté au leur. C’est pourquoi je ne me contente pas d’assister au cours mais que je lis aussi sur ce sujet. [A noter : J'ai créé un index de tous les livres que j'ai lus ou que je compte lire ou dont on m'a parlé LA. Ce lien se trouve aussi dans la page INDEX à laquelle vous pouvez accédez par un lien en haut à droite de mon blog, dans la bannière.]
Il y a deux semaines environ, je vous donnais une liste de livres sur ce sujet se trouvant dans ma PAL. Et aujourd’hui, je vous présente le premier livre de cette liste : Deux mains pour le dire, de Didier Jean et Zad (tempo SYROS).
Au retour des vacances d’été, Manuel découvre avec tristesse que son meilleur ami, Jonathan, a déménagé à Amsterdam. Dans l’appartement où il habitait, dans le même immeuble que Manuel, a emménagé une petite fille bizarre, qui ne répond pas quand Manuel s’adresse à elle. Ce dernier va alors découvrir qu’en fait, elle s’appelle Lisa et qu’elle est sourde.
Voici un roman que je recommande vivement pour aborder le thème de la surdité et de la LSF avec des enfants !
Tout d’abord, ce roman parle de (ou fait allusion à) la plupart des idées reçues sur les sourds : un sourd n’est pas muet, les sourds font du bruit, etc. De plus, la langue des signes y est vraiment présentée comme une véritable langue d’expression à part entière grâce au voisin du cinquième étage, le Poète.
Un des moments clés de ce roman, c’est la soirée que Manuel passe avec des sourds. Ainsi la donne est inversée, Manuel se trouvant dans la position de celui qui est différent : « Il y a un mur entre nous, toujours ce même mur de verre qui rend difficile toute communication. Je me sens désorienté. Pour la première fois de ma vie, je réalise que c’est dur de ne pas être comme les autres. Dans ce groupe, c’est moi l’handicapé, l’exclu. Je repense à Jonathan, perdu dans les rues d’Amsterdam, et je comprends ce qu’il devait ressentir. »
En effet, il y a aussi un parallèle qui est fait avec Jonathan, le meilleur ami de Manuel, qui étudie dans une école hollandaise alors qu’il ne parle pas un mot d’hollandais. Il est sujet de moquerie au début, et puis finalement, il va apprendre à communiquer avec ses petits camarades et arrivera à se faire comprendre et à se faire des amis.
Enfin, l’autre thème de ce roman, c’est le premier amour à travers l’histoire qui naît entre Manuel et Lisa malgré leur différence.
Je trouve que ce roman parle de façon pédagogique et intelligente de la surdité et de la langue des signes. C’est un très bon moyen d’aborder ces thèmes pour un enfant.
De plus, à la fin de ce livre, on trouve quelques informations sur le monde des sourds, ainsi qu’une bibliographie autour du thème de la surdité.
Voilà donc un bon outil pour parler de la surdité avec les enfants !
Encore merci à Enna pour cette recommandation ! (son avis)
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A noter !
- Mots-clés : surdité, amitié, amour
- A partir de 10 ans.
- Ce roman a reçu le prix Renaudot Benjamin 2001, le prix Jack London 2001 et le premier prix Annemasse 2001.



Très intéressant et enrichissant de se retrouver à la place de l’autre, surtout lorsqu’il est différent ! Mais sûrement angoissant.
Oui, j’ai beaucoup aimé, parce que ce n’est pas mièvre et “gniangnian”, les difficultés sont mises en avant ainsi que les à priori, mais aussi les possibilités de vivre ensemble.
Hello Caroline,
Je trouve ta démarche vraiment très intéressante et très enrichissante.
Je suis vraiment très admirative !! C’est si rare..
Merci de nous faire partager cette découverte et ces lectures.
Je prends la référence pour le programme en DA ici… j’en connais plusieurs mais je ne connaissais pas celui-ci!!
@ Meria : Je suis entièrement d’accord avec toi.
@ Enna : Je vais me répéter, mais je suis entièrement d’accord avec toi aussi !
@ Lily : Merci !
Ces deux auteurs viennent au salon du livre jeunesse dans mon coin ce week-end … je sens que je vais acheter ce titre
@ Joëlle : Ah chouette ! J’aurais bien aimé les rencontrer et leur demander d’où venait l’idée de ce livre (une commande ou spontanée ? ont-ils été guidés ou aidés ?). Je crois qu’il y a leur email à la fin du livre, je devrais leur écrire.
@ Karine : A l’occasion, je veux bien que tu me donnes les autres titres que tu connais (à part Helen Keller, bien sûr ! Je connais déjà.).
tout à fait le genre de livre qu’il me faut!! merci Caroline! comme quoi les pic-nic donnent de l’inspiration!!!!
Je l’avais complètement oublié celui-là, heureusement qu’il y avait le pique-nique pour me le rappeler, en effet !