« Thomas de Pomonne, comte de Nissac, vice-amiral des mers du Levant en la marine du roi de France, Sa Majesté Henri quatrième »

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« Enveloppé en sa longue cape bleu marine, les belles plumes de son chapeau ondoyant sous le glacial vent du nord, ainsi allait vers son destin sur son cheval noir et aveugle l’amiral de Nissac, en les mauvaises routes durcies par le gel de l’hiver. »

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Ah ! Depuis le temps que je vous en parle… voilà enfin mon billet sur mon dernier coup de cœur littéraire !

"Le voleur de vent" de Frédéric H. Fajardie

Nous sommes à la fin de l’an 1609, à quelques mois de la mort du roi Henri IV. Un complot est en train d’être monté, complot visant à assassiner ce monarque protestant converti au catholicisme. Douze personnes réunies par leur haine pour ce roi qui mit fin aux guerres de religion en signant l’Edit de Nantes. Douze personnes dont le Duc d’Epernon et la Marquise de Verneuil, maîtresse du roi. Et à leurs têtes, une personne importante mais dont on ne sait le nom.

Thomas de Pomonne, comte de Nissac, est le capitaine du galion Le Dragon Vert. Ce navire écume les mers du Levant. Il est magnifique mais c’est surtout une arme redoutable entre les mains de son capitaine. Le comte a connu le roi jeune. Ce dernier déteste Thomas, mais nous ne savons pourquoi. Malgré cela, le comte est fidèle à son roi. C’est pourquoi le cardinal de Richelieu le choisira lui  et son équipe de marins pour essayer de démasquer les comploteurs.

Voilà un roman qui m’a totalement emportée !

Mais tout d’abord, replaçons-nous dans le contexte… Premièrement, ce livre fait 763 pages (version poche) et je n’aime pas les pavés. (On reviendra sur cette assertion plus tard.) Deuxièmement, j’ai choisi ce livre dans une librairie complètement par hasard, guidée par mon instinct. Bon, là, déjà, l’affaire aurait pu rapidement capoter, non ? (Bah oui, pavé + hasard = grosse prise de risque.) Hé ben non ! Aucun capotage ! Au contraire, un enthousiasme énorme pour ce roman ! J’ai été complètement emportée par l’histoire qui nous y est contée et le personnage du comte de Nissac.

Commençons par l’histoire… Ce roman revisite l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac en proposant la thèse d’une conspiration, cette thèse ayant été vraiment évoquée alors que Ravaillac a toujours déclaré avoir agi seul. Nous sommes donc au début du 17ème siècle, au temps d’Henri IV, de sa cour, des tensions avec l’Espagne, des combats à l’épée, les barbaresques qu’on affronte sur la mer. Avec un héros, le comte de Nissac, digne de ce nom : beau, mystérieux, alliant force et intelligence, se battant sans peur ni reproche, son navire pouvant venir à bout de 15 navires, un homme posé malgré tout, saluant la lune tous les soirs. Et j’en oublie ! Il va bien sûr tomber amoureux d’une veuve, elle aussi pleine de courage, qui n’a pas peur de se battre. C’est le grand amour dès le premier regard mais aucun n’ose déclarer sa flamme à l’autre. Évidemment, c’est romanesque, il y a de l’aventure, le héros gagne toujours, l’histoire d’amour est magnifique. Mais qu’est-ce que j’aime cela et qu’est-ce que Frédéric H. Fajardie nous raconte cela bien ! Pas un moment je ne me suis ennuyée !

Aux côtés des héros de ce roman, le comte de Nissac et la baronne Isabelle de Guinzan, et des personnages  historiques, comme le roi Henri IV, Sully et le futur cardinal de Richelieu, on trouve aussi toute une galerie de personnages secondaires aussi différents et attachants les uns les autres : Elisabeth et Louis de La Tomlaye, frère et soeur qu’unit un amour fraternel plus fort que tout ; la  séduisante duchesse espagnole Inès de Médina Sidonia, avide d’hommes ; Monsieur Charles Paray des Ormeaux, le second de Nissac, à la vue qui baisse ; le samouraï Yasatsuna, trancheur de têtes, originaire du pays du Levant.

Frédéric H. Fajardie utilise un style particulier pour ce roman. Je ne m’y connais pas en ancien français, donc je ne saurais dire s’il respecte certaines règles de l’époque. Mais ce qui est le plus frappant est le fait qu’il n’emploie jamais la préposition dans : elle est systématiquement remplacée par en. Ce qui donne un truc du genre : il se rendit en le port de Toulon. Au début, j’ai tiqué et rapidement, je m’y suis faite et j’y ai même pris plaisir.

Et vous savez quoi ? Frédéric H. Fajardie a écrit d’autres romans dans cette veine-là ! Il y a tout d’abord Les Foulards rouges, écrit avant Le voleur de vent et dont le héros, Loup de Pomonne est le fils du comte de Nissac. So l’a lu et les petits désagréments qu’elle relève sur ce roman (le héros trop parfait, le style désuet de l’auteur) sont justement ce qui m’ont fait aimé Le voleur de vent ! Donc je me dis que Les Foulards rouges devraient me plaire aussi. (Et Macopinepauline, qui a lu les deux, me l’a confirmé !) Il y a aussi deux autres romans : La Tour des demoiselles et La Lanterne des morts, qui se déroulent au 18ème siècle avec comme héros, Joachim Valencey dont on m’a dit qu’il avait un potentiel certain ! Autant vous dire que ces trois romans non encore lus sont déjà dans ma PAL ! (Et on m’a aussi dit qu’il avait écrit plein de bons polars, mais pour le moment, je vais m’en tenir aux romans d’aventures !)

Voilà donc une très belle découverte ! Je me dis que ce n’est pas le hasard, mais bien le destin qui m’a poussé vers ce roman. Et en plus, c’est dans la veine de ma mutation littéraire… (On en reparlera surement plus tard… mais aussi un peu maintenant, lisez la suite…) D’ailleurs, à ce propos, revenons sur ma soi-disant aversion pour les pavés. Bon, il semblerait, en fait, que j’aime les pavés. Bah oui. Autant en emporte le vent = 1222 pages. Dans la main du diable d’Anne-Marie Garat = 1288 pages. Et maintenant ce roman-là = 763 pages (petit pavé, en fait !). Trois romans que j’ai adorés. Trois grandes histoires. Des personnages romanesques, attachants. Toujours un homme séduisant aussi. Je crois que je ne peux plus dire que je n’aime pas les pavés. En fait, j’adoooooore les pavés. Faut juste qu’ils me racontent la bonne histoire. :-)

19 réponses vers «« Thomas de Pomonne, comte de Nissac, vice-amiral des mers du Levant en la marine du roi de France, Sa Majesté Henri quatrième »»

  1. fashion Dit:

    J’adoooooooore ton dernier paragraphe. :D
    Quand est-ce que tu nous fais un billet qui explique comment tu t’es convertie aux classiques ? Aux bouquins en anglais ? Aux auteurs étrangers ? A Hugh Jackman ? (comment ça, ce n’est pas de la littérature ? :) )
    Sinon, ce n’est pas de l’Ancien Français, on ne le parle plus depuis la fin du Moyen-Age, donc si je te comprends bien Fajardie emploie quelques tournures du français de l’époque (et le français du début du XVII° est très compréhensible surtout syntaxiquement, c’est sémantiquement qu’il y a parfois des soucis) pour faire couleur locale. J’ai bien envie de le lire ce bouquin. (Non, ne me le prête pas tout de suite, j’ai trop de romans dans la PAL!) :)

  2. Laëtitia Dit:

    Te voilà donc mûre pour le “Prince des marées” !!!!!

  3. fashion Dit:

    Ah, Laëtitia, je l’ai dans la PAL, il paraît que c’est génial, il faut que je l’exhume!!!

  4. Matthieu Dit:

    Donc si tu ne l’as pas encore lu, tu vas bientôt te mettre à “Belle du Seigneur”, non ? Dans le genre pavé captivant…

  5. InColdBlog Dit:

    Fais attention Caro : sous les pavés, les pages ! ;)

  6. Appollonia Dit:

    Han, j’adore les pavés, j’adore les romans historiques, et l’époque Henri IV /louis XIII est ma préférée dans l’Histoire de France…

    Est-ce la peine de préciser qu’il est emPALé chez moi, celui-là :-D

  7. Pimpi Dit:

    Moi aussi, j’adooooore les pavés, les romans historiques et les grandes envolées qui racontent plein de choses. C’est pour ça que Dumas est dans mon panthéon…
    En tout cas, tu nous donnes très envie de le lire, ce pavé-là!!!

  8. Caro[line] Dit:

    @ Fashion : J’y pense, j’y pense !
    Et merci pour les précisions sur le français.
    Et non, je ne te le prêterai pas tout de suite, tu as mon Anne-Marie Garat en otage déjà. :-D

    @ Laëtitia : Tu crois ? Chouette !

    @ Fashion : Oui, il paraît qu’il est super, et approuvé par Cuné ET Laëtitia.

    @ Matthieu : C’est justement une des prochaines grosses étapes de ma vie de lectrice. Je l’ai déjà dans ma biblio, il me jette des clins d’oeil, je le regarde, le prends, le repose. Un jour, ce sera son tour. :-)

    @ In Cold Blog : Excellent ! ;-)

    @ Appollonia : Rhaaaa ! Vite, lis-le, il devrait te plaire !!!!

    @ Pimpi : Et moi, j’ai déjà lu certains Dumas mais de me frotter à ce genre de romans, ça me donne envie de me replonger dans Dumas !!!

  9. Macopinepauline Dit:

    aaaaaaaaah, que je suis contente!!! ça rend bien ce que j’ai ressenti en le lisant!!!
    j’ai lu les foulards rouges avant celui-ci, et je l’ai préféré. peut-être parce qu’ils sont finalement assez proches et que ça faisait redondance, ou peut-être parce que Loup est moins parfait (il fait des erreurs qui le rendent humain et moins formidable, c’est mieux), et plus classe quand même. bref, continue vite sur les foulards rouges, c’est superbe.
    en plus, à la fin de ses livres, Fajardie raconte ce qu’il advient des héros. et pour une curieuse comme moi, qui ne s’est jamais remise de la fin de AEELV, c’est formidable lol
    je ne sais pas toi, mais j’ai furieusement envie de m’inscrire à l’escrime…

  10. chiffonnette Dit:

    Quelques tournures d’anciens français, des sexy men en diable, des aventures, de la’mour… J’adore littéralement! Tu vas adorer Les foulards rouges! Le petit-fils de Loup est… Miam!! Tu devrais aussi aimer Joachim d’ailleurs… Mon Dieu, le bovarysme d’atteint!

  11. Mo Dit:

    tu me donnes une de ces envies de relire “Les foulards rouges”, toi!!!!

  12. Karine :) Dit:

    Bon… je ne connaissais pas du tout… et là, bien entendu, je veux le lire!! Quant à moi, les pavés me font toujours peur mais la plupart du temps, j’aime beaucoup (quand ils me racontent la bonne histoire, tout comme toi!)… c’est bizarre comme réaction!

  13. Caro[line] Dit:

    @ Macopinepauline : Heu non… pas d’escrime pour moi ! ;-) Et je vais quand même laisser un peu de temps avant Les Foulards rouges pour ne pas avoir l’impression de relire la même chose. (A demain !)

    @ Chiffonnette : Alors en fait, Thomas le voleur de vent est le père de Loup des Foulards rouges. :-)
    Et sinon, ça y est, j’ai reçu La Tour des demoiselles, je vais bientôt pouvoir faire connaissance avec Joachim. :-D

    @ Mo : Chouette ! ;-)

    @ Karine : Rho, pas si bizarre que ça finalement ! Un gros livre, c’est effrayant, non ? ;-)

  14. Caroline Dit:

    Oh, ça a l’air trop bien, tu me le prêteras dis ?

  15. Caro[line] Dit:

    @ Caroline : Avec plaisir ! :-)

  16. Joelle Dit:

    Tu as raison quand tu dis : “j’adoooooore les pavés. Faut juste qu’ils me racontent la bonne histoire.” D’ailleurs, on a même envie que ça continue encore un peu ;) En tout cas, des pavés comme celui-ci, je les note avec plaisir !

  17. Caro[line] Dit:

    @ Joëlle : Note-le car oui, celui-ci, j’aurais bien aimé qu’il dure un peu plus longtemps !

  18. Literarine, X-(wo)Men Mutant « Cinquième de couverture Dit:

    [...] dernièrement, j’ai dévoré Le voleur de vent de Frédéric H. Fajardie. Au total : 763 [...]

  19. ** Jeu “Sauvons la PAL de Caro[line]” ** « Cinquième de couverture Dit:

    [...] que je m’étais acheté. Si vous avez oublié, Frédéric H.Fajardie est l’auteur du Voleur de vent, un de mes coups de cœur de l’année 2008 ! Dans ce roman-là, il est encore histoire [...]


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