En vue de ma présence dans le public de l’émission La Grande Librairie, dont l’invité était Paul Auster, je me suis rendue dans une librairie pour me procurer son dernier ouvrage, Seul dans le noir. J’étais bien résolue de n’acheter que ce seul livre…
Mais la faute à Emeraude (pour avoir évoqué la sortie en poche de cet ouvrage) et Fashion (pour avoir dit qu’elle l’avait adoré) et à la librairie (qui l’avait mis bien en évidence sur sa table des nouveautés), je suis ressortie avec le Dictionnaire égoïste de la littérature française de Charles Dantzig (Livre de poche, Janvier 2009).
Un pavé de plus de 1000 pages. Comme c’est un dictionnaire, je le lirai par morceaux et ce n’est pas vraiment considéré comme un roman faisant partie de ma PAL, non ? (En tout cas, moi, je ne le compte pas dans ma PAL. Na.)
Me voilà donc avec deux livres un main : un que je compte lire tout de suite et un qui ne compte pas dans ma PAL. Finalement, ce n’est pas si catastrophique que ça s’annonçait, non ?
Sauf que, arrivée à la caisse, que vois-je ? Un petit rayon avec plein d’ouvrages de et sur… Proust ! Hum. Rappelez-vous, 2009 sera l’année de ma rencontre avec Proust. Alors je me dois de tout faire pour que ce rendez-vous se passe au mieux. J’ai donc jeté un coup d’oeil rapide. Promis, il était rapide. Mais il m’a quand même suffi pour craquer.
Comment résister à :
- un livre Actes Sud ? En réalité, il est beaucoup plus joli que sur cette photo ! Et il n’est pas épais (moins de 100 pages), il est petit, il est tout mignon.
- un tel titre ? Sur la LECTURE.
- Marcel Proust ? Bon, je sais que certains y arrivent surement mais moi, non !
- au 4ème de couverture ? « Sur la lecture n’est ni un texte méconnu ni un introuvable. C’est la préface que Proust écrivit en 1905 pour sa traduction de Sésame et les Lys de John Ruskin. Mais ces pages dépassent de si loin l’ouvrage qu’elles introduisent, elles proposent un si bel éloge de la lecture et préparent avec tant de bonheur à la Recherche que nous avons voulu, les délivrant de leur condition de préface, les publier dans leur plénitude. »
Alors ? Vous me comprenez, hein ?
Bon, de toute façon, quoique vous pensiez, ce n’est pas grave car j’ai acheté ce livre et je l’ai déjà lu ! Il n’a même pas eu le temps d’aller dans ma PAL. L’honneur est donc sauve !
Donc comme le dit le 4ème de couverture, ce texte est la préface de la traduction qu’a faite Proust de Sésame et les Lys de John Ruskin, un artiste (écrivain, poète et peintre) britannique du 19ème siècle.
Dans la première partie de cette préface, Marcel Proust parle des lectures d’enfance et des souvenirs qu’elles laissent en nous. C’est l’occasion pour lui de revenir sur ses propres lectures d’enfance. Et alors là, je pense que cette partie est caractéristique du style de La Recherche (dites-moi si je me trompe !). Marcel Proust nous parle d’une chose, puis il passe à une autre tout en douceur – une anecdote, par exemple – ou il nous décrit un endroit, pour ensuite revenir naturellement à la principale. Il digresse en douceur, prend son temps pour décrire et je l’ai suivi sans problème, je me suis laissé faire avec plaisir. Est-ce de bonne augure ? (Dites-moi que oui !)
La seconde partie est une réflexion sur la lecture et je suis avouer que Marcel Proust donne plein de pistes de réflexion très intéressantes. Il me faut d’ailleurs absolument le relire encore et encore pour en tirer toute sa sève.
Voilà donc un court texte dont je vous recommande vivement la lecture ! En tout cas, moi, j’ai été ravie de le lire (et donc de l’acheter, il faut savoir suivre ses envies !) et je le relirai encore et encore avec plaisir.
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Et vous savez quoi ? (Et non ! Je n’ai pas – encore – fini !) J’ai compris après pourquoi il y avait un petit rayon Proust à côté de la caisse…
Donc je retourne à mon travail (j’ai fait cette course rapide pendant ma pause-déjeuner) et je pose mon sac plein de mes achats sur mon bureau. Et là, le sac attire mon œil… En effet, dessus, il y a plein de choses à regarder : des anciennes photos de la librairie où je suis allée, des citations sur la lecture et les librairies (une de circonstance : « Le grand inconvénient des livres nouveaux c’est qu’ils nous empêchent de lire des anciens. » Joubert), une définition de la profession de libraire par Edouard Charton et un petit texte que je ne peux m’empêcher de vous recopier :
« Ou alors c’était un volume, qu’il m’avait demandé de chercher dans ses piles de livres, et comme la lumière de sa petite lampe était faible pour éclairer toute la chambre et que, même si on avait le droit d’en allumer d’autres, par une sorte d’habitude ou de respect, on ne le faisait pas, je n’arrivais pas à mettre la main dessus ; il s’impatientait doucement et finissait par me dire :
- J’abandonne. J’aime mieux que vous alliez l’acheter chez le libraire.
Et j’allais. C’était une librairie de quartier, rue de Laborde, entre l’église Saint-Augustin et le boulevard Haussmann. Le libraire s’appelait M. Fontaine. »
STOP !
Ah ! Mais c’est la librairie dont je reviens justement !
Continuons…
« Il était vieux, avec une petite calotte sur la tête et une blouse blanche. Il adorait son métier, à croire qu’il ne pouvait se résigner à quitter ses livres : même pendant la guerre, il tenait sa boutique ouverte jusqu’à 1 ou 2 heures du matin. J’arrivais, j’indiquais la volonté de M. Proust… »
STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP ! M. Proust ? Comme… MARCEL PROUST ?
AAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!
Et oui, là, ça a fait tilt : je me suis rendue dans une librairie où se fournissait Marcel Proust ! (Comme quoi, mes habitudes de groupie littéraire sont toujours là, même avec les auteurs morts !)
Je ne m’en suis toujours pas remise. Et je veux y retourner.
Heu… et en fait, j’y suis retournée vendredi midi ! Je suis ressortie avec un recueil énooooorme de lettres de Proust (Lettres, Marcel Proust, Plon) et un recueil de textes de Proust issus des articles qu’il écrivait pour le Figaro (Le salon de Mme de…, Marcel Proust, L’Herme). Et j’ai commandé le livre dont je parle entre les parenthèses qui suivent. Oui, je sais : je suis irrécuperrable !! Mais j’assume.
(Pour info : l’extrait trouvé sur le sac de la librairie est de Céleste Albaret, la fidèle domestique de Marcel Proust ; il est tiré de ses souvenirs avec l’auteur, Marcel Proust (Robert Laffont).)
Site Internet des librairies Fontaine
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Ah tu es ma (jeune) soeur ! Le “dictionnaire” est plaisant , l’auteur défend ses opinions, c’est normal, mais j’avais déploré l’absence d’une index (oui, sinon comment retrouver toutes les fois où il parle de Proust ? -exemple donné totalement au hasard bien sûr)
Quant à Proust … Lu et relu la recherche … Et celui dont tu parles , peut être, caché dans un autre livre (genre c’est paru mais on le ressort sous autre couverture)
Pour t’achever : je te recommande ses Pastiches !!!Excellent.
Oui, le dictionnaire de Dantzig est très réussi, très partial, drôle, tout ce que j’aime même si je ne suis pas toujours d’accord (mais c’est le jeu). Je vais l’exhumer et lui consacrer un article, tiens, puisqu’il sort (enfin!) en poche. Je vois que tu mets tous les atouts de ton côté pour découvrir Marcel dans de bonnes conditions. A quand La Recherche ?
La chair est faible
Mais face à de telles tentations, je te comprends bien.
Tout à fait sympathique cette complicité entre toi et Marcel !
Excellent billet, on s’y croirait dans cette librairie. Tu sais que tu m’as donné envie de lire Proust à force ? Bon, pas tout de suite, mais j’ai hâte de lire le suite de votre histoire !
Sinon, merci pour l’info sur le dictionnaire égoïste…, je pense que je vais me l’acheter maintenant qu’il est en poche !
moi non plus je ne considère pas le dictionnaire égoïste comme un livre dans ma PAL. Il est là, je le feuillette de temps à autre… et c’est super chouette, n’est ce pas ?
PS : à quand un swap de livres sur les livres alors ?? un livro-swap ?
Me voilà curieuse de ce petit livre de Proust ! Bien joué !
J’ai lu À la recherche du temps perdu il y a longtemps, étudiante à la fac de lettres. Souvenir d’une lecture qui demande un apprentissage, un rythme qu’il faut apprivoiser et après : un embarquement.
La moralité de votre billet : déjà il y avait les librairies dans lesquelles il fallait résister à la tentation, maintenant il y a les blogs qui nous montrent comme la vie sera bien trop courte pour lire tout ce qu’on aurait envie de lire et de relire…
Tes sorties en librairie ne sont pas de simples sorties, ce sont des aventures dignes d’un roman!! :O) Tu me donnes envie de faire des folies en librairie aujourd’hui… mais je dois terminer La foire aux vanités, pas de gâterie avant!!!
Ouh lalala! Une première découverte qui t’a motivée à ce que je vois … Tant mieux! Moi, ça y est! J’ouvre “Du côté de chez Swann” aujourd’hui!
Eh oui… dès que l’on met un pied dans une librairie, voilà ce qui arrive. Mais on a quand même l’impression d’avoir fait une bonne action.
Ce qui est merveilleux, c’est qu’à chaque billet, ou presque, je découvre quelque chose. un bouquin, un auteur, une adresse… Quel talent Caroline !!!
Le petit livre sur la lecture… Je peux pas te jeter la pierre, j’ai craqué comme toi sur ce titre il y a un ou deux ans.
@ Keisha : Hello grande soeur !
Ah les Pastiches de Proust ! J’en entends parler dans quelques livres consacrés à Proust, il va falloir que je me les procure !!!
@ Fashion : Ah ! C’est pour très bientôt, je le sens ! Là, je viens de commencer Madame Bovary et j’enchaînerai surement avec Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary. Ensuite… peut-être La Recherche ? J’ai hâte en tout cas !!! (Et un bon feeling avec Emma !!!)
@ Bookomaton : Le monde est pavé de tentations, c’est horriiiiible !
@ Sylire : Merci ! J’avoue que plus ça va, plus je m’attache à Marcel.
@ Lilly : Je pense que le prochain épisode de notre histoire ne devrait pas tarder… enfin j’espère !!!!
@ Emeraude : J’apprends à picorer dans les livres, ce n’est pas dans mes habitudes. Mais c’est agréable !
Et pour le swap… j’attends que tu l’organises !
@ Ficelle : Oh oui, les blogs aussi sont de vilains temples tentateurs ! Et je n’ai toujours pas lu La Recherche mais des quelques lectures de Proust que j’ai fait, j’ai vraiment ce sentiment que tu décris : il y a un apprentissage, un rythme à prendre et ensuite, cela coule tou seul !
@ Jules : Oui, finis La foire aux vanités avant d’aller en librairie ! Soyons raisonnables.
@ Romanza : Si aujourd’hui j’avais été chez moi, je pense que j’aurais aussi commencé La Recherche ! Mais étant loin de chez moi, j’ai pris ce que j’avais sous la main : Madame Bovary ! Et c’est bien parti pour le moment…
@ Ankya : Oui, il faut le voir sous l’angle : “Je fais une bonne action” !!!
@ Tisotte : Merci !!!!!!
@ Praline : Hé hé !!!
Caro[line], si tu comptes lire “La Recherche” sur ton e-book, sache qu’on risque de se fâcher (je préviens seulement) (parce que tout à coup, j’ai peur que tu te lances dans une telle ignominie)
Je trouve ça alléchant de tourner ainsi autour de Marcel Proust, c’est une bonne manière de l’apprivoiser, d’apprendre à le connaître avant de se jeter totalement dans le gros de son oeuvre, qui reste exigeant… mais le début de votre histoire est prometteur, oui !
(quant à Emma Bovary, fais attention, s’il ne devait rester que trois livres dans ma vie, il en ferait partie, alors tu as intérêt à aimer JUSQU’AU BOUT !
)
(belle lecture à toi !)
Tu as raison, c’est le destin qui te rapproche de Proust cette année
)
J’aime beaucoup le récit de tes aventures librairo-proustiennes. Elle a l’air bien, cette librairie. Bien contente de savoir que tu as craqué pour “Sur la lecture” ; ça se lit tout seul, hein ?
Jolie coïncidence!
Tu sais que tu me donnerait presque (presque, hein, ne nous emballons pas) de retenter Proust?
Ah Ah, les bonnes excuses… bon, et ce passage dans l’émission?
@ Erzébeth : Bon, tu es rassurée alors ? Je ne vais pas lire La Recherche sur mon Nibouc ; le 1er tome est déjà dans ma PAL ! Je trouve aussi cela bien d’apprivoiser Proust car c’est quand même un sacré morceau ! Et là, je crois que je suis prête… (Et je suis en train de tomber amoureuse de l’écriture de Gustave !)
@ Cathe :
@ Melanie B : Hum… je ne dirais pas que ça se lit tout seul. Mais je pense qu’une fois qu’on a apprivoisé Proust, ça se lit bien.
@ Mo : Allez ! Re-tente Proust !!!!
@ Gambadou : Je pense que depuis ton commentaire tu as du lire mon compte-rendu !!! (Si non, voir le billet sur le dernier Paul Auster.)
Beau début d’idylle.
@ Alba Tross : En effet !
Je note ce livre! quelle rencontre! succulent petit billet de moment de lectrice!
@ Sylvie : Merci !
[...] je suis terriblement déçue car je viens de me rendre compte qu’il manque Sur la lecture !!! Mais je n’ai pas le courage de refaires les piles et prendre la [...]
[...] avec Marcel Proust : j’ai lu quelques-uns de ses courts textes (dont le très chouette Sur la lecture), j’ai commencé Du côté de chez Swann, ma bibliothèque est pleine d’œuvres de et [...]
[...] Sur la lecture de Marcel Proust : C’est le premier texte de Marcel Proust que j’ai lu. Je l’ai énormément aimé. Et je sais qu’avec Marcel, une grande histoire d’amour m’attend. [...]