Prix Landerneau 2009 (3)

J’ai profité de ce lundi férié pour terminer le 5ème roman de la sélection Landerneau :

  • L’Attente du soir, de Tatiana Arfel

Prix Landerneau

*****

"L'Attente du soir"

"L'Attente du soir"

« Ils sont trois à parler à tour de rôle, trois marginaux en bord de monde.

Il y a d’abord Giacomo, vieux clown blanc, dresseur de caniches rusés et compositeur de symphonies parfumées. Il court, aussi vite qu’il le peut, sur ses jambes usées pour échapper à son grand diable noir, le Sort, fauteur de troubles, de morts et de mélancolie.

Il y a la femme grise sans nom, de celles qu’on ne remarque jamais, remisée dans son appartement vide. Elle parle en lignes et en carrés, et récite des tables de multiplication en comptant les fissures au plafond pour éloigner l’angoisse.

Et puis il y a le môme, l’enfant sauvage qui s’élève seul, sur un coin de terrain vague abandonné aux ordures. Le môme lutte et survit. Il reste debout. Il apprendra les couleurs et la peinture avant les mots, pour dire ce qu’il voit du monde. (…) »

(4ème de couverture)

Voilà un très beau roman ! Je ne sais pas comment vous en parler car j’aimerais vous convaincre de le lire, mais en même temps je ne souhaite pas trop en dire sur sa construction que je trouve admirable. Si ce n’est que chaque personnage nous parle chacun à leur tour au sein d’un même chapitre. Au fur et à mesure que l’histoire avance, l’enchaînement de leurs voix se fait plus précis et tisse l’histoire d’une façon particulière – peut-être un peu inattendue – mais extrêmement intéressante. Mes propos vous paraissent surement flous, mais je n’ose en dire trop de peur de vous en gâcher la découverte.

Alors peut-être devrais-je mieux vous parler de la sensibilité qui est omniprésente tout le long de ce roman. Sensibilité renforcée par le fait que chaque personnage a sa propre voix. En cours de lecture, je me suis rendue compte que lorsqu’un personnage raconte, se raconte, il a une voix propre et reconnaissable et cette voix emplissait ma lecture silencieuse.

Et puis je dois vous parler des personnages. Giacomo, Mlle B. et le môme, c’est ainsi qu’ils sont nommés. Les débuts de Mlle B. et du môme sont douloureux et j’ai eu parfois du mal à supporter certains passages. Mlle B. est une enfant que ses parents ne regardent pas. Le môme est un enfant sauvage. Mais ces duretés sont contre-balancées par l’enfance heureuse de Giacomo. Puis on avance, des destins s’éclaircissent, d’autres s’enlisent, puis ils se mêlent  et on aperçoit un espoir. C’est cet espoir dont j’ai besoin dans mes lectures. Je peux lire des choses noires, mais j’ai besoin d’avoir un espoir, aussi infime soit-il. Et il y est dans ce roman.

Voilà donc un très beau premier roman ! J’espère que l’auteur, Tatiana Arfel, sera présente lors de la remise du prix Landerneau 2009 – à laquelle j’assiste – car j’ai très envie de lui dire tout le bien que j’ai pensé de son roman. Et puis pour le moment (il me reste encore un roman à lire, L’origine de la violence de Fabrice Humbert), ce roman est mon favori de la sélection. Je croise les doigts pour lui !

Ils l’ont lu aussi :

  • Anne : « un très, très beau coup de cœur »
  • Cathulu : « Un premier roman très prometteur », malgré quelques longueurs
  • Michel : « UN TRÈS GROS COUP DE CŒUR »
  • Papillon, qui l’a trouvé long aussi : « Quel dommage, parce que c’est vraiment un merveilleux (premier) roman ! »

L’Attente du soir, Tatiana Arfel, José Corti, 2009, 325 pages

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14 réponses vers «Prix Landerneau 2009 (3)»

  1. Leiloona Dit:

    Je l’ai déjà noté (même si je ne lis pas pour ce prix). Et la couverture est superbe en plus.

    • Caroline Dit:

      Je n’ai pas vraiment analysé la couverture (lien avec l’histoire) mais elle est sympa, et j’aime sa couleur.

  2. papillon Dit:

    Mais il te reste le meilleur à lire ! ;-)
    J’ai hâte de savoir ce que tu vas en penser…
    Entièrement d’accord avec toi sur celui-ci. La fait que chaque personnage est sa voix propre est pour beaucoup dans la réussite de l’ensemble. Apparemment tu ne l’as pas trouvé trop long… donc tu as du l’aimer plus que moi :-) )

    • Caroline Dit:

      Et non, contrairement à toi, je ne l’ai pas trouvé trop long. Mais je peux comprendre car il y a pas mal de répétitions. Pour ma part, j’ai plutôt trouvé cela bien tourné !

      Quant à L’origine de la violence, suspense… ;-)

  3. sylire Dit:

    Je suis à la page 220 et j’aime beaucoup. Je ne trouve pas long du tout… On verra donc.

  4. Karine :) Dit:

    Ce roman me fait de l’oeil aussi! Ca semble original comme mise en place!!!

    • Caroline Dit:

      Oui, j’ai trouvé la mise en place de l’histoire originale, enfin surtout la dernière partie. Je meurs d’envie d’en dire plus mais ce serait dommage si tu souhaites le lire !

  5. cathulu Dit:

    héhéhé Je copie sur papillon ! :)
    TU vas te régaler avec “l’origine de la violence” !

    • Caroline Dit:

      Je viens d’attaquer la deuxième partie. Pour le moment, je préfère L’Attente du soir qui correspond plus à mon style de lecture, même s’il faut reconnaître que le Humbert est très bien écrit et plutôt pointu… surement un peu trop pour moi justement.

  6. A quelques heures… « Cinquième de couverture Dit:

    [...] et suivre les commentaires par e-mail. « Prix Landerneau 2009 (3) Publié sur WordPress. • Theme: Garland by Steven Wittens and Stefan [...]

  7. keisha Dit:

    Je l’ai emprunté hier à la bibli… A le feuilleter ça a l’air un beau style.

  8. Le potentiel livresque de Tatiana Arfel « Cinquième de couverture Dit:

    [...] 16 juillet 2009 — Caroline Aujourd’hui, c’est Tatiana Arfel, la jeune auteur de L’attente du soir (sélectionnée pour le Prix Landerneau 2009 et lauréate de mon Prix Landerneau 2009), qui nous [...]


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