… et il a les yeux bleu pâle de Sarah. »
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Je ne me souviens plus comment j’ai fait la connaissance sur Internet de Jean-Noël Sciarini (via le MySpace de David Foenkinos peut-être ?), mais je me souviens très bien que j’avais beaucoup aimé l’extrait que j’avais lu d’un roman qu’il cherchait à publier. Quelques mois plus tard, j’apprends avec plaisir qu’il a trouvé un éditeur ! C’est en mai dernier que le premier roman de Jean-Noël Sciarini, Nous étions des passe-muraille, est sorti dans la collection Médium de l’Ecole des Loisirs.
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Quand Jean a rencontré Sarah, elle était vivante, jolie, populaire, douce, curieuse de tout. Dans ses poches, elle trimballait des bombes en papier appelées Jim Harrison, J.D.Salinger, Fernando Pessoa, Bernard-Marie Koltès. Dans sa tête, elle avait des rêves démesurés : devenir la plus grande actrice du monde. Autour d’elle, l’univers était enchanté.
Elle était irrésistible.
Elle lui a confié ses secrets, et son désir le plus cher : revoir Berlin, où elle est née, et que ses parents ont quitté après la chute du Mur.
A présent, Sarah est pâle. Elle a froid tout le temps. Elle n’a plus que la peau sur les os. Elle est devenue un pur esprit dans un corps décharné, au point de se faire enfermer.
Jean a décidé de la sauver, coûte que coûte.
Elle est folle ? Ca tombe bien. Son amour à lui est fou aussi.
(4ème de couverture)
Je ne peux que vous recommandez de découvrir ce roman qui se lit vite et qui est très joli ! C’est rempli d’émotions et de poésie. Au cours de ma lecture, je n’arrêtais pas de relever ces quelques mots plein de poésie.
« Et je pleure des ancres.
Les yeux à quai, jamais je ne m’envolerai. »
J’ai été énormément touchée par cette histoire d’amour entre deux adolescents inadaptés au monde dans lequel ils vivent. Lui est très grand pour son âge et semble tout emprunté avec ce corps démesuré. Elle aimerait être ailleurs… Leur rencontre les aide, ils se soutiendront. L’amour donne des ailes…
Un seul petit bémol, je trouve, c’est la troisième partie où le style et la mise en forme du texte sont complètement différents des deux premières parties. Voici l’explication de l’auteur : « Concernant la troisième partie, écrite en « prose poétique », je désirais provoquer une coupure nette avec les deux premiers tiers du roman, ajuster l’écriture à l’évolution du récit. Et surtout j’aime écrire ainsi, je ne me pose pas trop de questions dans ces moments-là… peut-être que je devrais je ne sais pas (sourire). » C’est vrai que dans cette troisième partie, le narrateur est désormais adulte et la rupture de style permet de faire une vraie coupure avec son récit de quand il était ado… Mais pour ma part, sur le coup, cela m’a plutôt surpris.
Mais tout ceci n’est qu’un petit bémol qui n’a vraiment pas gâché ma lecture. Je vous recommande donc vivement de découvrir ce très beau et très sensible premier roman !
Jean-Noël Sciarini, Nous étions des passe-muraille
Ecole des Loisirs, Coll. Médium, Mai 2009, 182 pages.
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Curieuse que je suis, j’ai posé deux questions à l’auteur. Je vous invite à découvrir ses réponses.
C : As-tu écris ce roman en pensant qu’il serait publié en jeunesse ou est-ce plutôt les circonstances qui t’ont amené à être publié dans une collection destinée aux adolescents ?
JNS : Je n’ai pas écrit Nous étions des passe-muraille avec en tête l’âge du lecteur. Je l’ai envoyé à des éditeurs que j’apprécie, dont l’Ecole des Loisirs. J’ai eu de nombreux retours de personnes ne comprenant pas pourquoi il est publié dans une collection pour adolescents. La frontière entre les genres littérature adulte et jeunesse est de plus en plus poreuse, j’espère simplement que certains lecteurs ne passeront pas leur chemin à cause de cette classification…
C : Quels sont tes prochains projets ?
JNS : Je viens de terminer mon nouveau roman. Je ne sais pas encore s’il s’agit d’un roman « jeunesse ». Le narrateur est un adolescent qui ignore qui il est, une fille ou un garçon. C’est un roman sur l’identité, la musique (encore !) et la dissociation. Comme pour le précédent, je vais le proposer à quelques éditeurs que j’apprécie, sans distinction de genres, en croisant les doigts ! J’aimerais qu’il fasse une belle rencontre, car il me tient particulièrement à cœur… Là, je viens de reprendre un roman que j’ai commencé avant Nous étions des passe-muraille et que j’ai dû laisser mûrir un peu… Il parle d’une jeune fille, celui-ci. Et après ma trilogie adolescente je vais peut-être penser à grandir un peu (sourire) !
Et demain, je vous invite à découvrir le potentiel livresque de Jean-Noël Sciarini !
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j’adore cette collection!
tu peux me le prêter?
Bien sûr !
C’est souvent que les livres publiés à l’école des loisirs posent des questions à leur lectorat sur le bien-fondé de leur classement en jeunesse, mais l’important est que ces livres existent… tu m’as bien donné envie d’essayer celui-ci.
Tu as raison quand tu dis que l’important, c’est ce que ces livres existent. Il y a d’ailleurs plusieurs pépites dans cette collection Médium.
Bigrement intéressant tout ça. C’est noté
C’est bien !
C’est vrai qu’elle est bien cette collection. Ca semble très tentant comme sujet et cette rupture de style m’intrigue!
Alors laisse-toi tenter.
[...] livresque de Jean-Noël Sciarini 10 juillet 2009 — Caroline Comme annoncé hier dans mon billet sur son premier roman, Nous étions des passe-muraille, voici aujourd’hui le potentiel livresque de Jean-Noël Sciarini. Jean-Noël [...]
Il y a de sacrés perles dans cette collection! J’adore! Et je note celui-ci!
Il est disponible à l’emprunt (après Stéphanie) si tu le souhaites !