Tous les 15 du mois, retrouvez le premier roman d’un auteur québécois !
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Cela fait plusieurs mois que je ne vous avais pas parlé d’une Recrue. Et pourtant, je fais toujours partie de l’équipe, mais j’avais préféré me mettre en retrait le temps de ma pause bloguesque. Me voilà donc de retour parmi mes chroniqueurs québécois préférés pour cette Recrue de Juillet !
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Anaïs Airelle a 21 ans et signe ici un premier roman troublant.
La Petite quitte son boulot d’aide-soignante et se met à dégringoler (« Dégringole, dégringole, dégringole, dégringolade. » p.12) jusqu’à ce qu’elle se retrouve à la rue. Elle va alors de rencontres en rencontres dans les rues, de Montréal à Vancouver, puis en Europe. Lors de toutes ses errances, la Petite trouve toujours quelqu’un sur son chemin pour lui tenir compagnie ou l’aider.
Ce roman est troublant car il m’a mis face à une réalité que je ne connais pas, ou que j’essaie peut-être d’oublier. Tous ces marginaux, ces gens qui vivent en dehors de la société, je ne vais jamais à leur rencontre et ce roman m’aura mis face à eux. Malheureusement, je ne me trouvais pas du tout dans le bon état d’esprit pour ce face à face (je suis très difficile en ce moment dans mes lectures…) et je n’ai pas été touchée par la Petite et ses rencontres. Au contraire, j’ai rapidement mis une distance entre ce récit et moi, distance renforcée par le parti pris de la narratrice de critiquer systématiquement notre société (ce qui m’a d’autant plus touché lorsque la Petite se trouve en France).
Ce roman est aussi troublant par son style peu banal. Le récit à la 3ème personne où la Petite est le personnage central est entrecoupé du récit à la 1ère personne de la Petite (le texte est en italique pour bien marquer le changement de narration). A cela s’ajoute l’utilisation d’un langage parlé, que j’ai trouvé bien utilisé, car souvent cela peut devenir lourd.
« 32 janvier
La petite vit en solitaire depuis deux jours. Elle ne veut voir personne. ni trax. Ni Schabraque. Ni les autres.
L’Europe l’appelle.
En soirée, elle se roule en boule sur le trottoir, protégée par une ancienne boîte d’emballage de réfrigérateur.
La rue, c’est le territoire des hommes. Les femmes qui vivent dehors, elles se planquent le jour, s’habillent le plus proprement possible pour pas être embêtées. La nuit, par contre, c’est la merde.
J’suis cachée dans un carton.
J’entends des gens qui passent près d’moi et ça m’stresse.
J’ai mon canif à la main. » (p.29-30)
Voici donc un premier roman troublant mais qui n’aura pas su me toucher et je suis bien curieuse de voir ce qu’en ont pensé les autres chroniqueurs de la Recrue.
Anaïs Airelle, Pourquoi j’meurs tout l’temps, Ecosociété, Mars 2009, 136 pages.
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INFORMATION
Les livres que je lis dans le cadre de la Recrue étant souvent difficilement trouvables en France (pour ma part, je les trouve à la Librairie du Québec, 30 rue Gay Lussac, Paris 5ème), je peux en faire des livres voyageurs. Si vous êtes intéressés par ce roman (ou par une autre Recrue), n’hésitez pas à me contacter par mail.
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Je ne sais pas si je suis tentée… je vais aller voir chez la Recrue pour avoir d’autre avis. Les critiques de société, j’aime bien normalement mais quand c’est systématique, j’ai parfois du mal (même si bon… on s’entend que, parfois…
)
Alors, as-tu lu les avis des autres chroniqueurs ? Quel est ton sentiment ?
Sans doute un sujet important à aborder en littérature… mais comme tu dis, il faut être dans un certain état d’esprit pour se lancer dans une telle lecture.
Plus tard, peut-être
Oui oui, le sujet est important mais peut-être n’est-il pas traité au mieux aussi (je parle de la critique systématique)… et alors comme en plus je n’étais pas du tout dans le bon état d’esprit…