Cela est désormais un rituel : tous les ans, je déguste le Foenkinos nouveau. J’ai toujours un peu d’appréhension au moment d’ouvrir ce nouveau crû (sera-t-il bouchonné ? sera-t-il trop jeune ?), et puis une fois goûté, je suis toujours rassurée et je plonge avec délice dans ses saveurs si particulières, si foenkinesques.
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Commençons avec la quatrième de couverture, qui me plaît beaucoup : « Il passait par là, elle l’avait embrassé sans réfléchir. Maintenant, elle se demande si elle a bien fait. C’est l’histoire d’une femme qui va être surprise par un homme. Réellement surprise. »
Cette femme, c’est Nathalie. « Nathalie était plutôt discrète (une sorte de féminité suisse). » Nous la découvrons par cette première phrase, la première phrase de ce roman. « Elle avait traversé l’adolescence sans heurt, respectant les passages piétons. » Dès les premiers mots, nous sommes chez David Foenkinos.
Mais revenons à Nathalie…
Nous découvrons donc Nathalie, qui elle va découvrir François. Une rencontre par hasard, dans la rue, François a osé l’aborder alors qu’il ne fait jamais cela d’habitude. Ils vont apprendre se connaître, sortir ensemble, s’installer ensemble et se marier.
« « Est-ce que tu peux faire un peu moins de bruit ? demanda-t-il.
- Oui, d’accord.
- Je suis en train de faire un puzzle très important. »
Alors Nathalie se fit discrète, respectant l’application de son fiancé. Ce puzzle paraissait différent des autres. On n’y voyait pas de motifs, pas de châteaux, pas de personnages. Il s’agissait d’un fond blanc sur lequel se détachaient des boucles rouges. Des boucles qui se révélaient être des lettres. C’était un message sous forme de puzzle. Nathalie lâcha le livre qu’elle venait d’ouvrir, pour observer l’avancée du puzzle. François tournait, de temps à autre, la tête vers elle. Le spectacle de la révélation progressait vers son dénouement. Il ne restait que quelques pièces, et déjà Nathalie pouvait deviner son message, un message construit avec minutie, à l’aide de centaines de pièces. Oui, elle pouvait lire maintenant ce qui était écrit : « Veux-tu devenir ma femme ? » »
Un mariage pluvieux, un voyage de noces, un premier emploi pour Nathalie obtenu rapidement, de rares disputes, « mais c’était à se demander s’ils ne se disputaient pas simplement pour le plaisir de la réconciliation. » Le bonheur. Cela semblait trop beau pour durer…
Un dimanche, alors que Nathalie lit, François part courir. Un accident et la vie de Nathalie bascule : François est renversé par une voiture, il sombre dans le coma et meurt.
Le bonheur est terminé, Nathalie doit maintenant affronter la vie seule.
Les années passent, Nathalie est toujours seule.
Un jour, un de ses collègues, Markus, entre dans son bureau pour lui parler du dossier 114. C’est alors que se produit l’inattendu : Nathalie embrasse Markus. Pour Nathalie, ce baiser ne représente rien : « Ce baiser, c’était la manifestation d’une anarchie subite dans ses neurones, ce qu’on pourrait appeler : un acte gratuit. » En revanche, pour Markus, ce baiser, c’est beaucoup : il « était Armstrong sur la Lune. Ce baiser était un si grand pas pour son humanité. »
Alors que Markus lui demande une explication, Nathalie ne sait pas quoi répondre.
« - Je voudrais savoir pourquoi vous m’avez embrassé. (…)
- Je ne sais pas, souffla Nathalie. (…)
- Vous ne pouvez pas me laisser comme ça. Vous devez m’expliquer.
Il n’y avait rien à dire.
Ce baiser était comme de l’art moderne. »
Mais Markus décide de ne pas en rester là et il est bien décidé à surprendre Nathalie.
Toc… toc… toc… Oui ? Hein ? Quand est-ce que je m’arrête ? Ah oui, pardon ! En effet, je fais long aujourd’hui… désolée… mais vous savez, quand il s’agit de David Foenkinos, j’aime faire durer mes billets ! Mais vous avez raison, je vous ai assez parlé de l’histoire, passons maintenant aux choses sérieuses : qu’ai-je pensé de ce roman ?
Hé ben, c’est un très bon crû, que c’est cuvée 2009 ! On retrouve le style de David Foenkinos, ses aphorismes, son humour et ses situations décalés. Bizarrement, pourrait-on penser, je ne m’en lasse pas et chaque année, c’est un régal de replonger dans l’univers de mon auteur chouchou. Peut-être que si je ne m’en lasse pas – à part le fait que je sois méga-fan – c’est aussi parce que chaque nouveau roman a un truc en plus, une particularité qui le distingue des précédents. Dans le cas de ce huitième roman, je trouve qu’il y a une émotion supplémentaire. J’ai particulièrement aimé le passage sur le deuil de Nathalie : David Foenkinos a mis en retrait son humour pour laisser place à une vraie émotion. De plus, je trouve que l’histoire d’amour de Nathalie et Markus est plus belle, plus profonde que les précédentes.
Finalement, David Foenkinos, c’est comme les bons vins : il s’améliore en vieillissant. Mais pour être tout à fait honnête, à ce jour, Qui se souvient de David Foenkinos ?, son sixième roman, reste mon préféré !
D’autres avis…
La délicatesse, David Foenkinos, Gallimard, Août 2009, 201 pages.
Cette année, David Foenkinos ne sourit pas.
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Honte sur moi : malgré un a priori positif je n’ai rien lu de lui… (ni Laurain ni Cauchy ni…), il va y avoir du boulot next sunday…
Va falloir qu’on discute sérieusement dimanche et que je te donne plein de conseils pour tes prochaines lectures !!
La citation sur les passages piétons finit de me convaincre (j’admets que ton beau billet et ton enthousiasme n’y sont pas pour rien non plus) : je lirai Foenkinos cette année (scolaire, hein, entendons-nous bien).
Par quoi dois-je commencer ? (tu me l’avais déjà dit, mais j’ai oublié…)
Je suis sûre qu’il peut me plaire. Faut que j’aille vérifier, maintenant !
En effet, il faut tester pour savoir !
Et donc, je te conseille de commencer par Le potentiel érotique de ma femme. Ensuite, on verra selon ce que tu en as pensé.
Je dois t’avouer que 1) je ne connaissais même pas et 2) ton billet donne vraiment très envie !
Tu es nouvelle sur mon blog, c’est pour cela que tu ne connais pas David.
Je ne peux que t’encourager à le découvrir !
Les passages que tu cites sont effectivement du bon Foenkinos. Je veux le lire!!!
Je te l’apporte dimanche si tu me promets de le lire rapidement pour qu’il puisse tourner !
Juré!!! Je le lirai tout de suite et le donnerai à qui tu veux!
Cela parait attirant… Un titre à me conseiller pour découvrir Foenkinos ? Celui-là ou un plus ancien !?!
Je te conseillerai de commencer par Le potentiel érotique de ma femme, c’est celui par lequel j’ai découvert cet auteur. Il est disponible en poche.
Comme je te le disais dans mon mail (tu l’as reçu ?), il est passé hier soir sur France Inter dans l’émission de Brigitte Kernel, “Un été d’écrivains”. Je n’ai suivi que d’une oreille parce que mon fils parlait en même temps. Tu peux l’écouter en différé en allant sur le site.
Mais euh, comment dire, ton résumé et tes extraits ne me donnent pas trop envie de le lire (non, pas l’huile bouillante !!). Je sais, je viens de commettre un crise de lèse-majesté foenkinesque, tu ne vas pas me détester ou me guillotiner j’espère ?
(Oui, j’ai eu ton mail, je viens d’y répondre !)
Va, je ne t’en veux pas. Tu lis un Laurain à la place ?
Oui, je lirai un Laurain quand il sortira en poche, promis !
On va s’arranger autrement car je ne sais pas encore quand un Laurain sortira en poche.
Il faut définitivement que je réessaie!!! Je vais attendre que les derniers sortent en poche… ma PAL est au régime… du moins, elle essaie. Je vais donc attendre qu’ils ne comptent pas!
)
Hé hé !!! Si je les trouve en occasion à moins de 6,50 euros, ça ne compte pas, c’est bien ça ?
Je l’ai entendu hier sur France Inter et je me réjouis de le rencontrer dimanche… et tes conseils à Keisha seront valables pour moi…
Ah… alors je crois que tu confonds : David Foenkinos ne sera pas là dimanche ! C’est Antoine Laurain et Nicolas Cauchy qui seront là.
question cruciale : y a-t-il un/deux polonais dans ce millésime????
ah oui, on veut des Polonais!
Je vais essayer de le lire ce week-end parce que je ne tiens plus là (et ton billet en a rajouté une couche)! XXX
@ Mescopines : Alors figurez-vous qu’il n’y a pas explicitement deux Polonais, mais il semblerait qu’il y ait du Polonais quand même et je me suis laissée distraire… il faut que je retourne voir… et Diane, fais bien attention durant ta lecture, tu nous diras aussi.
Je n’ai jamais rien lu de lui, pourtant, ça fait longtemps que je suis ton blog, j’aurais dû me laisser tenter depuis longtemps. En fait, ce sont tes extraits qui me donnent envie… je vais attendre qu’il soit en bibliothèque, c’est trop hors de prix ici!!!
Oui, je comprends !
Et y a-t-il une Eléonore?
NON !! Et ni de Caroline.
Quel drame.
J’ai honte, mais je ne connais de lui que ses chroniques dans un magazine. Et je ne sais pas si j’aime son style.
Bon, il faudrait que j’en lise un, histoire de me faire un avis !
Tu lis Muteen ?!?
Non, “Psychologie Magazine”.
Ah oui, c’est vrai qu’il chronique dans ce magazine aussi ! J’avais oublié et j’étais surprise que tu lises Muteen…
Celui-là, je ne veux pas passer à côté !
Tu as bien raison !
Olivia de Lamberterie vient d’en parler vraiment très très bien à Télé Matin, elle m’a donné très envie, mais en fait je l’avais déjà acheté, y a plus qu’à ;o)
J’ai hâte de connaître ton avis !
[...] Caro[line], Cuné, Dee Dee, Elfique, Emeraude, [...]
[...] La Délicatesse de David Foenkinos (Gallimard) [...]
[...] à raconter sur moi !), il y mettrait de l’émotion et des touches d’humour, comme dans son dernier roman. Je me sens chez moi quand je lis ses romans, c’est un signe, non [...]
Hello ! Je ne connaissait pas David foenkinos et j’ai lu ce livre pour le Goncourt des lycéens. J’ai littéralement adoré ! Quand j’ai commencé à le lire je n’ai pas pu m’arrêter. Seulement je doit faire une critique dessus pour le Goncourt & je ne vois pas du tout comment démarrer. Je suis bloquée :s.
Et sinon j’adore ton blog =). Il est super intéressant.
Merci pour mon blog ! Sinon je ne peux que te conseiller de te lancer, en commençant par raconter l’histoire par exemple. Ou ce que tu as aimé même si ça te paraît pas top et puis à force, ça va venir !!! Bon courage !!
[...] Une brève foenkinesque… 8 novembre 2009 — Caroline Ma maman (grande lectrice, elle mériterait le titre de LCA) a lu 3 fois d’affilée La délicatesse de David Foenkinos. [...]
caro[line], je sais, tu vas me dire que je me reveille un peu tard mais figure toi que je découvre Monsieur Foenkinos avec ce roman “la délicatesse” que je suis en train de dévorer. Et je comprends maintenant ton enthousiasme et celui de ta maman. J’adooore ! je vais me faire offrir tous ces livres précédents, je crois !!! un grand merci à toi car il est sur ma lal depuis que je connais ton blog.
J’en suis ravie !!! Et tu sais, mieux vaut tard que jamais.
[...] 1. La délicatesse de David Foenkinos [...]