Je profite que Lilou se repose loin de mon portable pour vous parler de ma dernière lecture, qui m’a occupé pendant plusieurs semaines :
« Je vais te dire une chose, mon garçon, une femme qui lit en marchant, je trouve ça suspect. »
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Ce roman, c’est l’histoire de Michel, Franck, Cécile, Pierre, Camille.
Michel n’a que 12 ans au début du roman. Franck est son grand frère ; avec Pierre, son ami fan de rock’n'roll, ils s’engagent, partent en Algérie, laissant Cécile, respectivement la petite amie de Franck et la sœur de Pierre. Michel essaie d’être là pour elle. Mais il y a aussi sa famille, ses parents qui se déchirent, ses cousins pieds-noirs qui rentrent d’Algérie à la fin de la guerre et avec qui il faut cohabiter. Puis il rencontrera Camille, alors qu’il s’apprête à passer son bac.
Ce roman, c’est aussi l’histoire d’Igor, Werner, Léonid, Imré, Tomasz et Sacha.
Ils forment le Club des Incorrigibles Optimistes, un club de réfugiés des pays de l’Est, qui se retrouvent tous les jours au Balto pour jouer aux échecs dans l’arrière-salle. Avec aussi Sartre et Kessel. Michel apprendra à jouer aux échecs avec tous ces hommes. Deviendra leur ami aussi.
Alors que Michel nous parle de sa vie de 1959 à 1964, nous découvrons aussi la vie de ses incorrigibles optimistes. Pourquoi ils sont venus en France. Qu’est-ce qu’ils font maintenant. Quels sont leurs liens. Le tout forme un roman riche, plein de choses. Un jeune adolescent qui grandit, se débat avec sa famille, ses envies, la vie. La guerre d’Algérie. Des déracinés à la vie pas facile, qui forment une bande d’amis sympathiques, avec leurs petits secrets.
J’ai aimé découvrir tout cela.
Le personnage de Michel est intéressant, très attachant. De plus, c’est un grand lecteur, un amoureux des livres et en tant que grande lectrice, je n’ai pas pu lui résister !
« J’avais horreur de perdre mon temps. La seule chose qui me paraissait utile, c’était de lire. Chez nous, personne ne lisait vraiment. Ma mère mettait une année à lire le Livre de l’année, ce qui lui permettait d’en parler et de passer pour une grande lectrice. Mon père ne lisait pas et s’en vantait. »
Les différents membres du club sont aussi des personnages très attachants, même si j’avais souvent du mal à me souvenir qui avait fait quoi… J’ai aimé connaître leur passé, leur présent. Ce sont différentes personnalités, avec un point commun : ils ont la chance d’être vivants et libres, cela leur suffit.
« Ils avaient choisi la liberté en abandonnant femme, enfants, famille et amis. (…) Ils étaient des ombres, des parias, sans ressources, avec des diplômes non reconnus. (…) Ils parlaient peu du passé, préoccupés de gagner leur vie et de trouver une justification à celle-ci. (…) Certains étaient tombés, en quelques heures, du statut de haut fonctionnaire protégé ou de dirigeant comblé d’entreprise publique à celui de sans domicile fixe. Cette dégringolade leur était aussi insupportable que la solitude ou la nostalgie qui les taraudait. (…) Ils n’avaient rien, ils n’étaient rien, ils étaient vivants. Chez eux, ça revenait comme un leitmotiv : « On est vivants et on est libres. » Comme me le dit un jour Sacha : « La différence entre nous et les autres, c’est qu’ils sont des vivants et nous des survivants. Quand on a survécu, on n’a pas le droit de se plaindre de son sort, ce serait faire injure à ceux qui sont restés là-bas. »»
« Gare à celui qui déprimait et manifestait son angoisse, il se voyait rappeler à l’ordre d’un : « Tu nous emmerdes avec tes problèmes. Tu es vivant, profites-en pour vivre. » »
J’ai aussi beaucoup aimé toutes les pointes d’humour et d’ironie distillées tout le long du roman.
Mais malgré tout, je dois bien l’avouer : je me suis ennuyée. J’ai du mal à le dire car ce roman est dense, il ne devrait pas laisser place à l’ennui. Et pourtant… Quelque chose a rendu ma lecture pas si prenante que ça. Quelque chose sur lequel je n’arrive pas à mettre le doigt. Y-a-t-il quelque chose qui pêche au niveau du style comme le dit Laurence ? Est-ce parce qu’il est peut être question de trop de choses (la vie de Michel et son entourage, la guerre d’Algérie et la vie de ses exilés ) ? J’ai beau tourné cela dans tous les sens, je n’arrive pas à trouver… Alors j’arrête de chercher et si vous aimez les pavés, je ne peux que vous encouragez à découvrir ce roman ! Car malgré tout, en me replongeant dans ce roman pour écrire ce billet, je me rends compte combien je me suis attachée à tous ces personnages. L’idée même de relire ce roman dans quelques temps m’a effleuré… N’est-ce pas un bon signe ?
A noter aussi que Jean-Michel Guenassia a évoqué l’idée d’une suite lors de la rencontre parisienne organisée entre auteur et lycéens dans le cadre du Goncourt des Lycéens ! Une affaire à suivre…
Elles l’ont lu aussi Amanda (« un roman d’atmosphère et d’amitiés, un roman qui nous fait aimer tous ses personnages », tout à fait d’accord !), Laurence et Sylde.
Jean-Michel Guenassia, Le Club des Incorrigibles Optimistes, Albin Michel, Août 2009, 768 pages.
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Ce roman était mon avant-dernière lecture dans le cadre du Prix Goncourt des Lycéens. Je vais aussi lire Les pieds sales d’Edem Awumey que j’ai reçu dans le cadre de la 6ème édition de Masse Critique. La proclamation du 22ème Prix Goncourt des Lycéens aura lieu le 9 novembre prochain. J’ai hâte de découvrir le nom du lauréat ! (Et je croise les doigts pour le meilleur des chouchous…
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“une femme qui lit en marchant, je trouve ça suspect ”
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Hé oh ! Ça va, hein !
Zut alors, comment on fat un smiley qui rigole ???
Bah regarde, ça marche !!
N’empêche que je veux le lire, ce livre!!! On verra si je m’y ennuie ou non!
)
Tu as bien raison de vouloir le lire !!!
Ben moi, hum, je ne sais pas. Allez, en toute mauvaise foi, je vais dire que je n’aime pas les optimistes, ce qui m’empêche de lire ce roman. Ouf, j’aime quand j’argumente aussi excellemment !
Je n’en attendais pas mieux de toi, chère miss ronchon !
je crois que, au final, c’est un roman d’ambiance, un roman d’adolescence, qui se lit pour l’atmosphère, l’époque et la chronique sociale. Pas un grand objet littéraire en soi, pas un chef d’oeuvre magistral, certes, mais on bon roman (j’ai lu “populaire” quelque part à son propos, et c’est peut-être ça, mais j’en garde un bon souvenir). En revanche, pour la suite, j’ai des doutes… je préfère en rester sur cette fin, et je crois que la suite des “aventures” de Michel & Co serait inutile et risquerait de gâcher le tout.
C’est sûr, ce n’est pas un chef d’oeuvre, mais c’est un très chouette roman. Plus on en parle, et plus je me dis que je le relirai le jour où il sortira en poche (car je trouve son format en broché pas pratique du tout !!!).
Je serais quand même curieuse de découvrir une éventuelle suite… Pas tant sur Cécile qui m’a grave saoulé, mais plus pour Michel.
Ton billet me donne définitivement envie de tenter cette lecture surtout si on s’attache aux personnages… et comme moi-aussi, je lis en marchant
Je peux te le prêter, si tu veux.
Oui je veux bien
Mais à voir si d’autres sont plus pressés car si c’est un pavé j’aimerais prendre le temps de le lire en toute serenité donc pas d’urgence !
Personne ne l’ayant réclamé pour le moment, c’est quand tu veux.
J’ai moi aussi hâte de connaître le livre primé ! J’aime énormément ce prix !
Je croise les doigts pour mon chouchou !
C’est lequel ton chouchou ? Moi, c’est définitivement David Foenkinos !!!!
Le Ovaldé !
Ok !
je viens de le recevoir, et j’ai seulement lu le premier chapitre. c’est vrai que le style ne casse pas trois pattes à un canard, mais bon… j’ai encore un peu plus de 750p pour me faire une idée
Oui, tu as de quoi te faire ta propre idée !!!
Bah moi je lis en marchant, surtout quand je vais au boulot et que j’ai pas envie de bosser et de lacher mon livre
Mais j’avance lentement…
Les gros pavés en ce moment, ça me dit pas et ton billet ne me donne pas envie de me pencher sur ce roman dont on m’a pourtant parlé.
Comme toi, je marche entre le train et le bureau… et plus le livre est prenant et plus j’avance lentement !!!
Une jolie découverte visiblement.
Tout à fait !
Je n’attends que des avis positifs sur ce livre, je crois que je vais finir par l’acheter !
Si tu veux que je te le prête, y a qu’à demander !
C’est de la grosse brique. J’hésite… mais j’adore le titre.
J’aime aussi beaucoup ce titre.
tout le monde lit en marchant, non ? même les femmes ! enfin moi oui toujours, il me tente bien ce livre quand même (je ne devrais pas dire ça, je ne devrais pas dire ça, je ne devrais pas dire ça – mais si choupy l’a reçu je vais pouvoir lui emprunter
aie)
Mais si, dis-le ! Ce livre t’attend.
[...] Goncourt des Lycéens… 9 novembre 2009 — Caroline … a été décerné à Jean-Michel Guenassia et son Club des Incorrigibles Optimistes. Bien que (un peu) déçue pour David Foenkinos et Laurent Mauvignier (une très belle [...]
TRES TRES envie de le lire, celui-là. Belle critique ma chère, qui vient de réveiller mon intérêt pour ce roman. Un gros roman comme je les aime… voyons est-que ça ne serait pas top, cet hiver, au coin du feu ? Avec un bon thé ? Je m’y vois.
Oh que si, ce sera top Gaëlle !!!! Tu vas passer un très bon moment.
Ca y est! fini! je me suis régalée… et comme toi, je ne rechignerai pas dans quelque temps quand l’envie de le relire me prendra… Je vais pouvoir le passer à Yue Yin maintenant (sa PAL va encore en prendre un coup, mouahahahaha)
Je viens de lire ton billet : quel enthousiasme ! Je suis contente que ce roman t’ait plu.
Bonjour, ce Goncourt des lycéens me tente nettement plus que l’autre. J’ai lu plusieurs billets dont le tien qui donnent très envie de le lire. Rien que le titre, c’est prometteur. Bonne après-midi.
Je n’ai pas lu le Goncourt tout court, il ne me tente pas. Et donc je ne peux que te conseiller vivement de découvrir le Guenassia !