Cela fait maintenant une dizaine de jours que j’ai terminé ce roman. J’ai hésité avant de faire un billet dessus… En voyant tous vos billets élogieux, je me suis dit qu’il fallait que je donne, moi aussi, mon avis. Puis il y a eu la rencontre entre l’auteur et des blogueurs. Je n’y ai pas assisté, mais j’ai lu le compte-rendu de Stephie. J’y ai alors découvert que David Vann s’était inspiré de son histoire personnelle pour écrire ce roman. Alors le doute s’est immiscé en moi et je n’étais plus très sure de vouloir faire un billet.
Nous sommes dimanche aujourd’hui et j’ai un peu de temps devant moi. Alors je me lance et je vais essayer de vous donner mon avis en oubliant que ce roman est inspirée de la vie personnelle de l’auteur.
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Tout d’abord, l’histoire… Jim quitte tout pour s’installer sur un île sauvage de l’Alaska avec son fils de treize ans. Pour un an. Il espère que cette aventure va lui permettre de se rapprocher de son garçon. (Excessivement) Rapidement, nous nous rendons compte que Jim n’a pas préparé autant qu’il le fallait ce séjour. Son fils aussi s’en rend compte. Le doute s’installe. Les galères s’enchaînent… Jusqu’au drame.
Mon avis… Je n’ai pas aimé ce roman. Je l’ai trouvé nul, pour être tout à fait franche. Ce fut une lecture pénible, non pas de par le sujet (car tout le monde se plaît à dire que ce roman est glauque) mais parce que je n’étais pas du tout dans ce roman. Mais je tenais à aller au bout. Dès le départ, j’ai été énervée : je ne comprends pas qu’un père puisse partir pendant un an avec son enfant de 13 ans dans un endroit aussi isolé. Pas d’eau courante, pas d’électricité, juste un poêle, il faut pêcher et chasser, leur seul lien avec le monde est une radio et un pilote d’hydravion qui passe de temps en temps (mais Sukkwan Island n’est pas forcément sur sa route). Le père a préparé quelques petites choses, mais n’a pas pensé à tout. Comment peut-on emmener son enfant de 13 ans dans une telle galère ? Pour des vacances, pourquoi pas, ça peut être amusant ! Mais pour un an ? Un enfant scolarisé ? Qui a des amis ? Non, là, je suis désolée mais je ne peux pas comprendre. Et voilà, tout le problème pour moi : dès le départ, cet état des choses m’a énervé. Et cela s’est accentué en voyant le comportement du père… On sent qu’il n’a pas pensé à tout. Il pleurniche toutes les nuits. Il va jusqu’à confier des choses à son enfant, des choses qu’on ne confie pas à un enfant. Comment voulez-vous ensuite que j’arrive à me plonger dans cette lecture ? IMPOSSIBLE ! Et plus on avance, et plus je m’énerve contre ce père. Mais aussi contre cette mère qui a laissé faire cela… Alors si j’ai continué ma lecture jusqu’au bout, c’est parce que je me suis dit que j’aurais peut-être des réponses au pourquoi de tout cela. Alors oui, on sent bien que le père est dépressif, que quelque chose ne va pas. Mais cela n’explique pas tout. La mère aurait du s’opposer à ce projet, malgré que son fils soit d’accord pour accompagner son père. Et puis il y a LE drame qui arrive à la fin de la première partie. Je n’en dévoilerai rien, mais je m’adresse à ceux et celles qui l’ont lu : ce drame vous paraît-il plausible ? Personnellement, je n’aurais jamais cru possible qu’il arrive cela précisément. Je ne l’imaginais pas et j’ai vraiment l’impression que cet événement arrive de nul part. Puis toute la deuxième partie m’a confirmé que le père était un malade. Un vrai malade. Voilà.
Bon, je ne sais pas si j’ai été assez compréhensible dans mes propos ci-dessus. En tout cas, peut-être n’ai-je pas du tout été compréhensive envers ce père… Mais rien, aucune chose aussi infime soit-elle ne m’a permis de me raccrocher et d’aimer ce roman. (Et je reste persuadée que dès le départ, tout était perdu d’avance… aucune envie non plus de ma part d’essayer de me raccrocher…)
Pourquoi j’ai hésité… à écrire ce billet ? Car j’ai découvert que le père de David Vann lui avait proposé de partir sur une île d’Alaska alors qu’il avait 13 ans. David Vann a refusé de partir et son père s’est suicidé 15 jours après son arrivée sur l’île. Tout d’un coup, se dire que ce que je reproche à un être de papier est arrivé pour de vrai, cela m’a fait me poser des questions… Car finalement, ce roman est plus qu’une histoire de papier, c’est un élément important dans la vie de David Vann, je pense. Mais bon, la littérature avant tout et j’ai décidé, malgré tout, de donner mon avis.
Elles l’ont lu aussi : Cathulu, Cryssilda, Cuné, Delphine, Emeraude, Leiloona, Papillon, Second Flore, Stephie, Virginie, Ys (d’autres liens ICI).
Et je tiens à remercier Marie-Anne pour l’envoi !
David Vann, Sukkwan Island, Gallmeister, Janvier 2010, 200 pages.
PS : Si ce roman vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire en commentaire et je vous l’enverrai !



J’ai lu tellement d’avis élogieux sur ce livre que ton avis m’interpelle et finalement me donne encore plus l’envie de le découvrir. Si tu en fais un livre voyageur pourquoi pas…
Envoie-moi un petit mail avec ton adresse et je t’enverrai le roman !
Une blogueuse sympa me l’a prêté, je l’ai lu hier (donc je suis encore sous le choc), tu as raison rien ne laissait prévoir ce qui arrive à la fin de la première partie, j’ai du mal à comprendre, même si… bref, ne rien dire pour ne pas détruire les lectures à venir.
Quant au gamin, il sait pêcher et a surement déjà vécu en milieu sauvage, même si un an c’est long très long. mais au départ ils devaient quitter l’ile au bout d’un mois ou deux pour quelques jours.
je comprends mal aussi l’attitude de la mère qui a vraiment bien insisté pour que son fils y aille.
Hum… moi je ne comprends vraiment personne, ni aucun comportement dans ce roman… alors comment l’aimer ?!?
Il y a des gens dans le monde qui vivent des choses différentes. Il y a des gens qui ne vivent pas comme les autres, qui ne réagissent pas comme la moyenne des gens, qui font des choses insensées, et d’autres gens apathiques qui ne les empêchent pas de les faire. Le monde est plein de gens comme ça, qui ne sont pas comme on voudrait qu’ils soient, comme il serait sain de se comporter. Il y en a plein. Quand ce n’est qu’une histoire, on peut prendre ses distances et ce dire que l’auteur a inventé un mauvais scénario. Mais la vie est bien plus glauque que la fiction, très souvent. Et c’est peut-être aussi pour ça qu’on lit, pour vivre par procuration des choses qu’on voudrait qu’elles ne nous arrivent jamais. Mais parfois, la limite est dépassée, comme toi pour ce livre, et on ne supporte pas.
Mais David Vann a quand même réussi quelque chose dans ton cas : à te faire violemment réagir contre son livre et c’est déjà très intéressant, je trouve. Parce que ce n’est pas une historie de serial killer, ou un truc avec tellement de morts horribles qu’on se dit “c’est de la fiction” et on l’écarte, en tout cas, on peut prendre ses distances. Tu parles de ces personnages comme s’ils existaient, tu fais des reproches à la mère (qui n’est pas très présente dans le récit), bref, l’auteur te fait éprouver des sentiments très forts, te fait réagir, et ça, c’est certainement la preuve qu’il a su te toucher. C’est donc réussi, même si tu n’apprécies pas. Enfin, je crois…
Ton premier paragraphe est tout à fait juste. Je réprouve les meurtres et pourtant, je vais lire des romans noirs. Mais là, je pense que l’auteur a du toucher un point sensible chez moi, je n’aurais jamais cru réagir ainsi avant. Et ça m’horripile tellement que je refuse de dire que David Vann a réussi quoique ce soit avec moi… mais peut-être as-tu raison.
Tu ne seras pas étonnée si je te dis que j’ai un avis totalement opposé au tien. Sukkwan Island a été un choc pour moi, à plusieurs niveaux.
Certes ce roman est dérangeant, mais il est captivant et fort bien écrit. Et après avoir rencontré l’auteur, il est clair que j’aime ce livre plus encore.
Mon billet ne devrait pas tarder…
Ce roman est dérangeant, nous sommes d’accord, mais moi je ne le trouve pas du tout captivant, ni même bien écrit. Je ne sais pas si c’est l’écriture de David Vann ou la traduction qui pêche mais j’ai tilté sur plusieurs passages. J’attends avec impatience ton billet, bien sûr !
Tu as bien fait d’écrire ton ressenti. Et puis, histoire personnelle ou pas, chacun a le droit d’exprimer ce qu’il pense ou ce qu’il a éprouvé en lisant un roman. J’avoue que celui-ci ne me tente pas, même si je suis très intriguée par le fameux événement !
Envoie-moi un mail si tu veux connaître ce fameux événement et si tu es sure de ne vraiment pas vouloir lire ce livre !!
je suis assez d’accord avec Ys !
quant à pourquoi il se passe ça à la fin de la première partie, l’auteur a dit que lui même ne l’avait pas vu venir. (comme souvent pour les auteurs, leurs personnages font des choses qu’ils n’avaient pas prévues!)
Et donc là, il était en train d’écrire la phrase quand il a vu “ça” arrivé, et ce fut un choc pour lui aussi. Mais finalement, vu son histoire personelle, on comprend totalement (je ne peux pas être plus claire sans en dévoiler, sorry!!)
En tout cas mon chéri l’a lu hier et n’a pas vraiment aimé non plus…
Oui, j’ai lu chez Stephie qu’il n’avait pas vu venir cet événement-choc. Oui, les personnages font des choses que l’auteur n’avait pas forcément prévu. Mais cela ne justifie pas cet événement. Il n’a aucune logique, je trouve…
Bon, ton avis me refroidit un peu car j’avais très envie de le lire.
Mais je partage l’avis d’Ys. Ce que je ne saisis pas, c’est que tu dis que tu as trouvé ce roman nul mais tu ne critiques que le contenu d’un point de vue “éthique”. Il y a certainement d’autres éléments qui te l’ont fait trouvé nul, non ? En tout cas il semble t’avoir remuée, je suis bien curieuse de le lire à mon tour.
Oui, il y a un autre élément : je n’ai pas trouvé que c’était si bien écrit qu’on peut le lire de partout (j’ai tiqué sur plusieurs tournures de phrase…). Et oui, j’ai été remué mais pas par le traitement qu’a fait l’auteur de son sujet. Si vraiment l’auteur tenait à ce départ sur cette île sauvage, j’aurais aimé vraiment comprendre pourquoi ce père fait cela, pourquoi le fils le suit, mais surtout pourquoi la mère accepte ce départ…
Je n’ai lu qu’un extrait, où la mère insiste, de manière assez dissimulée, pour que son fils parte avec son père et cela m’a déjà déplu… alors, je me passerai de savoir quel est ce fameux évènement (j’ai bien une idée…) et je ne lirai pas ce livre, car j’ai l’impression qu’il me ferait réagir comme toi, sans pouvoir pour autant le laisser tomber !
Si tu veux que je te confirme ton idée, n’hésite pas à me le demander, je t’enverrai un petit mail.
Malheureusement par expérience personnelle, le passage à l’acte ne s’explique pas pour la famille et les amis. (…) Bien entendu cela reste choquant dans ce livre et comme je l’ai déjà dit j’ai haï le personnage du père.
Cela te choque par rapport à l’île déserte et à un père qui a mal préparé son voyage mais que penses-tu de ces jeunes qui partent sur un voilier pour 1 an ou deux (bien entendu la situation est différente puisqu’il y a plusieurs personnes du même âge, mais bon je suis curieuse), ou de ses familles qui lâchent tout et partent pour un tour du monde avec des enfants d’âge fort différent ?
J’en penserais surement la même chose, mais plus je réfléchis et plus je me dis que ce que je reproche à l’auteur, c’est de ne pas vouloir analyser plus ce départ sur une île sauvage et l’acceptation de la mère…
Enfin un commentaire qui se rapproche du mien. Je n’ai pas adhéré plus que ça non plus. Mais je reconnais pourtant le talent de cet auteur.
Pour ma part, je ne trouve pas qu’il a un talent particulier…
j’ai lu ou parcouru tant de billets sur ce livre que je repoussais le temps de m’y plonger, à force. Du coup, ton avis ne fait que renforcer ma curiosité et maintenant j’ai hâte de me faire ma propre opinion
Et j’ai hâte de connaître ton avis alors !
Un billet et des commentaires intéressants car ton avis soulève bien des questions !
Je ne fais pas partie de ceux qui ont aimé … au contraire, même.
Quand j’ai appris que l’auteur s’était servi de sa vie (ou de ce qu’elle aurait pu être s’il était parti avec son père), je me suis dit que c’était étrange que le roman soit sorti en France comme … un roman … du moins, une notice explicative à la fin aurait pu permettre de comprendre bien des choses. Parce que du coup, si cet auteur a écrit ce premier bouquin, c’est avant tout pour s’enlever un poids, une faute qu’il considère avoir commise envers son père.
Mais finalement, au fil de l’écriture de son roman, il a fait surgir le fameux drame. Aussi, même si je n’ai pas le droit de parler de ce drame, ce livre est un peu pour l’auteur une sorte d’exutoire au cours duquel il rejette la faute sur le père du bouquin, mais en filigrane sur le sien aussi.
Bon … je ne suis pas là pour faire de la psychologie de comptoir … mais peut-être aurais-je été moins acerbe contre ce père fictionnel si j’avais connu la réalité.
Enfin, peut-être pas, je ne sais pas. Mais il aurait été intéressant que l’éditeur le mette sur le bouquin, non ?
Je suis tout à fait d’accord avec toi : ce roman est un exutoire pour l’auteur, c’est in-dé-nia-ble. Je ne suis pas forte en psychologie, mais c’est surement normal que ce drame-là arrive à l’écrit, c’est son inconscient qui lui a dicté cela. Alors avoir une petite note explicative au début du roman m’aurait peut-être rendu moins intransigeante…
J’espère le lire un jour pour m’en faire ma propre opinion car tous ces billets variés m’ont intriguée !!!
Cela t’intéresserait que j’en fasse un livre-voyageur ?
C’est drôle parce que moi je ne me suis absolument pas posée la question : pourquoi le père a-t-il entrainé son fils dans cette aventure ? C’est un projet qui me plait beaucoup personnellement (un an dans la nature sauvage) donc j’ai plutôt adhéré à ça, mais il est clair aussi pour moi que Roy n’avait pas trop envie d’y aller mais il le fait pour faire plaisir à son père. La mère non plus n’a pas trop envie de le voir partir, mais elle ne veut pas avoir l’air de le manipuler. Bref, c’est une accumulation de non dits qui font que Roy part. Quant au drame, il n’est pas surprenant : Roy fait ce que le père est trop lâche pour faire lui-même…
Et je suis entièrement d’accord avec toi sur le fait que ce livre permet à l’auteur de se libérer du passé, mais ça ne rend pas le père plus sympathique pour autant…
Alors moi, c’est la première chose que je me suis dite et je pense que toute ma lecture en a été entachée !! Par contre, je n’ai rien contre le fait de partir un an dans la nature, je trouve ça chouette même si je ne suis pas tentée. MAIS PAS AVEC UN ENFANT !! (Je pense – aussi – que j’ai un instinct maternel qui est en train de se développer et qui n’aide pas.
)
@Caroline : bah en fait si, y a une logique. (je ne sais pas si on l’a déjà dit dans les commentaires suivant le mien) mais en gros, l’auteur a fait faire ça à Roy pour que lui même (David donc) puisse faire parler son propre père. Tu vois ce que je veux dire ?
Yep, je vois tout à fait. Et là, je suis d’accord, il y a une logique. Mais cela, on le voit seulement si on connaît l’histoire personnelle de l’auteur. On en revient donc au fait qu’il aurait fallu mettre une notice à ce propos dans le roman, je pense.
après je comprends totalement qu’on ne comprenne pas et/ou qu’on adhère pas !
Je vais le lire très bientôt, je reviendrai sur ton billet que j’ai lu en dialogonale. Les avis discordants me plaisent bien.
J’attends ton propre avis alors !!
Le moins qu’on puisse dire, c’est que tu t’engages dans la lecture !^
(pour le reste je crois que tout a été dit ci-dessus…)
Oui, tout a été dit… et j’ai vu aussi ton billet… Le mystère de tant d’oppositions entre tous nos avis reste entier.
Je note ce livre sur ma liste à lire…
Ok !
Comme je l’indiquais chez Happy few, voilà un livre qui a de quoi m’interesser ! Non seulment l’intrigue est située en Alaska… mais surtout, que de réactions passionnées ! J’hésitais, mais les derniers commentaires finissent de me convaincre, il faut que je me me fasse mon propre avis. Et je n’avais pas vu que tu envisageais d’en faire un livre voyageur… est-ce que c’est toujours possible ? Sinon je vais chercher une bonne âme qui voudrait bien me le prêter (et je le rends, promis !)
Aucun problème pour te le prêter ! Il doit d’abord partir chez Fleur et ensuite, elle pourra te l’envoyer. Envoie-moi un mail avec tes coordonnées.
j’ai comme toi, lu le roman en ne sachant rien de l’histoire personnel de David Vann. C’est vraiq eu son histoire rend cette histoire plausible alors qu’au départ en pensait plutôt un thriller psychologique monté de toutes pièces. Cela modifie un peu le ressenti sur le livre, mais dans l’ensemble j’ai aimé cette lecture.
Je viens de chez Fleur et ca y’est, je suis enfin décidée pour lire ce livre. Est il encore possible de faire encore parties de ses prochaines,Lectrices/. escales ?
D’avance meri !