Chers vous qui passez par là,
Oui, je sais, je parle très peu de livres sur ce blog depuis maintenant plusieurs mois. A cela, plusieurs raisons : 1. Une petite lassitude de parler de mes lectures. Je pourrais m’arrêter là, mais il y a un 2. Je n’ai pas l’énergie et le temps de vous parler du peu des lectures dont j’aimerais vous parler. Pas le temps, il y a quelques semaines, car j’étais plongée dans Doctor Who et Torchwood, mais ça, c’est terminé (et que c’était bon !) (et j’aimerais faire de beaux billets sur ces deux séries mais le temps me manque). Pas le temps, car le moins de juin s’annonce intense avec le mariage de ma sœur, deux swaps à préparer et plein de petites choses. Et il faut aussi que je prépare nos vacances de juillet. Alors je suis obligée de faire des choix, pour ne garder que le meilleur, ou le plus marquant, ou ce qui me tient le plus à cœur. Et aujourd’hui, j’ai décidé de vous parler du meilleur qui me tient le plus à cœur, mon cher Stefan.

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Voici un recueil de 17 récits qui, d’après la 4ème de couverture, ont été publiés essentiellement dans des journaux ou des revues entre 1902 et 1939. Tous ces récits ont pour thème le voyage. Dans la plupart de ces textes, Stefan Zweig parle de villes et pays visités. Mais il y est aussi question d’une visite de la Banque de France à Paris (Visite au royaume des milliards) ou d’une kermesse dijonnaise (La kermesse de la bonne chère). Il y a aussi un texte sur les voyages organisés (Voyageurs, ou voyagés ?) et un autre sur les livres de voyage (Un grand désir de l’Inde).
« On ne juge pas les livres de voyages comme les autres ouvrages. Ils peuvent en effet être lus de deux façons différentes : par un lecteur curieux et par celui qui cherche à vérifier certains points. Le lecteur curieux veut aller dans un pays étranger en se laissant peut-être simplement emporter sur la barque aérienne de l’imagination tirée par les rêves, il ne sait rien et on peut tout lui raconter, (…) il veut uniquement qu’on lui montre quelque chose de possible et de beau, et non la réalité. Tout autre en revanche est le regard de celui qui, rentré chez lui, voudrait retrouver son expérience dans le livre et le livre dans son expérience, qui en quelque sorte se confronte à l’auteur et tente de percer le caractère étranger. Seuls les livres de voyages capables de passer avec succès la double épreuve : enflammer d’abord l’imagination puis satisfaire après coup à la véracité, peuvent nous être précieux. »
Tous ces textes à l’exception d’un (Un voyage sur le Danube… où il est question d’un ouvrage décrivant un voyage sur le Danube en 1751 et où Stefan Zweig liste tous les lieux évoqués) m’ont captivé, même celui nous décrivant la visite de la Banque de France. Stefan Zweig a vraiment une écriture qui m’enchante, il peut me raconter presque n’importe quoi, je l’écouterai toujours avec plaisir. Mais au-delà des simples descriptions, certains des textes portent de vraies réflexions. Par exemple, dans Images d’Amérique, Stefan Zweig évoque la ségrégation raciale aux Etats-Unis tout en faisant un rapprochement avec la situation des juifs en Allemagne dans les années 30.
Et il y a un texte où il est question du Québec : Chez les Français du Canada. Quelques extraits…
« Cette ville de Québec, autrefois la plus importante de l’Amérique, le point à partir duquel la France dominait les États jusqu’aux Grands Lacs du Nord – elle qui jadis baignait dans un romantisme sauvage inspiré par les Indiens -, fait l’effet à présent d’une aimable sous-préfecture française. D’un seul coup, on oublie qu’on est en Amérique. Les gens ici ne sont pas en proie à la même précipitation agaçante, ils sont polis et comme ravis lorsqu’un étranger leur adresse la parole en français. Pour la première fois depuis des semaines, j’ai de nouveau entendu ici de vrais rires, francs et naturels; pour la première fois j’ai ressenti à nouveau dans des ruelles étroites quelque chose qui s’apparentait au bien-être. En bas, le port a beau avoir déjà été envahi par les tapageuses affiches anglaises, les constructions en brique américaines bon marché peuvent se mettre en avant (sans sacrifier un cent à la beauté) – les gens les ignorent. On entend parler exclusivement français dans les rues, et aussi en rase campagne jusque loin vers l’est. »
« Comment ne pas éprouver de l’estime devant cette admirable ténacité avec laquelle quelques milliers de Français défendent leur langue depuis maintenant environ cent cinquante ans ? (…) Et là, ces quelques milliers de Français, sans renfort venu de leur pays d’origine, sans le soutien de quiconque, ont préservé leur idiome et leurs coutumes. Voilà bien un des plus curieux tours de force de cette race prétendument si décadente, exemple presque unique dans l’Histoire moderne. »
Je vous recommande donc chaudement ce petit recueil (il fait environ 180 pages) !! Il me donne vraiment envie de poursuivre dans la voie des récits et des biographies écrites par Stefan Zweig. Quoique j’essayerai bien aussi son théâtre… Enfin heureusement, j’ai encore (au moins) 7 lectures à faire dans le cadre du challenge ! (Et toute une vie.)
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Lu dans le cadre du challenge…



Quelle bonne idée de nous parler de ce livres, je n’avais jamais vu sa référence et rien que pour ça mille merci, j’ai regardé il y a peu un documentaire sur Zweig et il était question de 5 mois passés en Inde et je me disais bizarre qu’il n’ai pas écrit là dessus
Et si en plus il parle de nos voisins du Québec !
merci pour ce billet
De rien, Dominique !
Où as-tu vu ce documentaire ? Ça m’intéresse !!
Que tu en parles bien !
C’est un délice – de te lire parlant de tes lectures, de lire les extraits vraiment très beaux, et de voir que Du liebst immer Zweig
Ça donne envie !
Merci Erzie ! Quel adorable commentaire !
)
(Nan mais tu as bu, c’est ça ?
Mais non, je n’ai pas bu !
Je suis juste une fille gentille. Hélas, c’est un aspect méconnu de ma personnalité
Si si, tu es une fille gentille !! Mais autant de compliments sur moi… je n’y crois pas !
Ah, Stefan est de retour !!!!!!!
Très tentant ce titre… En fait je crois que dès que je vois Stefan Zweig inscrit sur un livre, j’ai envie de l’ouvrir, c’est grave docteur ??!
Stefan est de retour tous les mois.
Et non, rien de grave, tu es atteinte d’une maladie merveilleuse, Bladelor !!
Voyage, voyage – Plus loin que la nuit et le jour ….
Voilà, je vais avoir la chanson dans la tête maintenant !
J’aime bien ce qu’il dit de Québec. C’est encore assez vrai, vois-tu !
Quelle merveilleuse chanson, n’est-ce pas ?
C’est intéressant ce qu’il dit de Québec car ça devait être il y a cent ans (ou 70 ans ? le texte n’est pas daté… (ou j’ai oublié !)) et il prédisait le déclin de cette enclave français et je ne pense pas que ce soit vraiment le cas, peut-être mis à part pour Montréal.
Merci pour ces extraits sur le Québec … Ce qui est dit est encore vrai un siècle plus tard
J’ai ce livre dans ma liste de livres à lire pour le challenge.
Très bonne idée de lecture, Kikine !!
PS : moi, aussi j’ai la chanson dans la tête maintenant … Merci … ou pas
Un recueil qu’il faut que je lise au plus vite, j’adore cet auteur, mais ne l’ai pas lu depuis très longtemps !
Je ne peux que t’encourager à te remettre à cet auteur, avec ce recueil ou tout autre de ses textes !!
J’ai lu pas mal de romans de lui mais pas du tout ses voyages ! il faut que je m’y mette
Bonne idée !!
Je n’ai lu que “Vingt-quatre heures de la vie d’une femme” de cet auteur, et ce ne fut pas le coup de foudre… Agréable lecture cependant.
A bientôt et bonnes lectures à venir !
Vingt-quatre heures de la vie d’une femme est très bien, mais ne fait pas partie de mes préférés… Je te conseille vivement Lettre d’une inconnue ou La peur !
Ceci n’a rien à voir avec Zweig.
J’ai pensé à toi aujourd’hui car je viens de découvrir le manga “L’Orchestre des doigts” de Yamamoto. C’est sur un jeune homme qui a permis d’enseigner l’oralité dans les écoles pour les sourds. Enfin je suppose plus ou moins car je n’ai lu que les deux premiers tome sur quatre.
En tout cas le jeune homme, qui est un entendant découvre cet univers et on le suit lui et certains de ses élèves dans le Japon de 918. C’est captivant et très intéressant.
Le personnage principal a vraiment existé, le reste est romancé.
(mon billet d’ici quelques temps sur mon blog, quand j’aurais lu les 4 tomes)
Merci d’avoir pensé à moi ! Mais je connais déjà ce manga. J’ai lu le 1er tome, mais je ne suis pas allée plus loin car je n’ai pas accroché au dessin (trop agressif, j’ai trouvé). Mais le fond est très intéressant !
Ohhh…tu m’as donné envie de me le procurer…pour cet été..à défaut d’un voyage de vacances..je me laisserai emporter par Stefan…:-)
Bonne idée !!!
Tu me fais penser qu’un Zweig m’attend encore dans ma PAL!
Oh… ne le laisse pas tout abandonné dans ta PAL… (même si je suis sure qu’il a plein d’autres livres pour lui tenir compagnie !
)
C’est malin, de toues façons j’ai bien compris, il faut lire TOUT zweig
Tu as bien compris !
Je vais te conseiller de ce très cher Stefan Zweig, “Brésil, terre d’avenir” dans lequel il parle de toute sa fascination pour le pays qui l’a accueilli … Mais est-ce vraiment utile de préciser que c’est – encore – un livre merveilleux et plein de finesse !
Non, pas la peine de préciser, ce Stefan est trop fort.
Et ce livre aussi est sur ma LAL Zweig. De toute façon, TOUS ses écrits sont sur ma LAL !!!
encore un écrit que je lirai bien L’œuvre de Zweig est décidément très complète
Tout à fait d’accord Bénédicte !!
Je ne connaissais pas du tout! Merci Caro!! Et j’aime bien ce qu’il dit sur la ville de Québec, bien entendu!
Il te le faut, celui-ci !