En ce mois de juin, j’ai décidé de découvrir Stefan Zweig, auteur de théâtre. J’ai choisi une courte pièce, intitulée Le Comédien métamorphosé.

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Je laisse la parole à Stefan Zweig :
« [Joseph Kainz] jouait beaucoup en tournée et il avait deux pièces en un acte. Il lui en manquait une troisième, et ce qu’il avait dans l’esprit, c’était une petite pièce, si possible en vers, et de préférence avec une de ces tirades lyriques en cascade telles qu’il était le seul sur la scène allemande, grâce à sa prodigieuse technique de diseur, à pouvoir faire jaillir en un seul jet cristallin, sans reprendre haleine, sur une multitude qui l’écoutait de son côté l’haleine suspendue. Ne pourrais-je pas lui composer une telle pièce en un acte ? » (extrait du Monde d’hier)
C’est ainsi que Stefan Zweig écrit une pièce intitulée Le Comédien métamorphosé. Malheureusement, Joseph Kainz n’eut jamais l’occasion de la jouer car il mourut quelques semaines plus tard…
L’histoire ? Un comédien sollicite une audience à la Comtesse R., la favorite du Prince. La veille, sa troupe a joué une pièce de Shakespeare, Le Roi Lear, et cela n’a pas plu au souverain qui a demandé à ce qu’on leur interdise de jouer de nouveau. Le Comédien demande donc à la favorite si elle peut intervenir en leur faveur auprès de son amant. Ils seront interrompus par le Chevalier, amoureux éconduit de la Comtesse, puis par le Roi lui-même qui change d’avis devant une prestation du Comédien (encore du Shakespeare, cette fois un extrait de Jules César) ayant pour but de détourner son attention afin que le Chevalier puisse s’enfuir sans que le Roi ne le voit. Le Comédien découvre alors que grâce à son jeu, il peut faire ressentir énormément de choses à son public. Le Comédien timide se trouve alors métamorphosé, bien décidé à jouer encore et toujours pour le public.
« Et moi, il me semblait
Que pour la première fois je le sentais avec plaisir,
Et tel un flot brûlant, couler dedans mes veines.
Oh, quelle sensation ! Je viens seulement de comprendre
Ce que cela veut dire qu’être un Artiste : c’est pouvoir
Faire pivoter le monde pour lui communiquer
Alors l’élan des forces qu’on sent en soi.
Toute peur m’a quitté. en moi cette heure a fait surgir
Quelque chose, entre crainte et bonheur, comme une veine rouge.
Ah, maintenant je sais tout ! Maintenant je pourrais
Arracher à des milliers d’hommes leur peur
Par ma seule voix, et la lancer dans un cri jubilant
D’enthousiasme vers tous les points du ciel,
Tel un faucon ! Je pourrais enfermer dans ma poitrine
Des millions de vies, pour ensuite les projeter
Vers toutes ces autres vies qui sont à peine
Capables de supporter la leur. »
Comme l’avait demandé son commanditaire, cette pièce est en vers. Il y a de belles tirades qui auraient surement plu à Joseph Kainz, notamment celle tirée de Jules César, mais aussi celle du Comédien suite à sa découverte. C’est un texte à la fois léger (c’est une comédie) et plein de réflexions intéressantes autour des comédiens et de leur pouvoir, que nous offre Stefan Zweig. Je me suis régalée, j’ai relevé plein de passages, je relirai ce texte avec plaisir, c’est sûr !
Stefan Zweig a écrit plusieurs autres pièces de théâtre que je souhaite découvrir, notamment Jérémie et Thersite.
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Lu dans le cadre du challenge…



Stefan Zweig, auteur de théâtre, j’avoue que je n’ai rien lu de ce côté-là ! Je sais que “Jérémie” a été un succès incroyable qui l’a fait connaître des Viennois, qu’il a écrit des livrets pour l’opéra mis en musique par Strauss, mais c’est tout … Je vais tenter de réparer cette erreur ;-D
@ Nanne : Une nouvelle facette de Stefan à découvrir pour toi !
[...] Le Comédien métamorphosé (06/2010) [...]