L’Inde et moi, c’est une histoire particulière.
En 2006, je me suis rendue quatre semaines à Chennai en déplacement professionnel. Nous avons ensuite passé deux semaines de vacances là-bas. Nous avons vu des choses magnifiques (le Taj Mahal est vraiment une merveille, les temples et les mosquées sont de vrais chefs-d’oeuvre) et j’ai rencontré des gens d’une générosité énorme.
Mais voilà, cela n’a pas suffi à me faire oublier tout le monde qui se trouve dans la rue, toute l’agitation, tout le fourmillement, tout ce trafic ininterrompu de gens et de véhicules, tout ce bruit, tout cet intérêt qu’on me portait (sans mauvaise intention, juste un intérêt pour ma peau qui est si blanche). J’ai été complètement déstabilisée.
Malgré tout, j’ai été contente de cette expérience. Et maintenant j’éprouve à la fois de la fascination et de l’effroi pour ce pays si loin de mes repères.
Pourquoi je vous raconte tout ça ? La première raison, c’est parce que je m’apprête à vous parler d’un roman indien qui m’a été proposé dans le cadre d’une édition spéciale de Masse Critique. La deuxième raison, c’est que j’ai ressenti un sentiment similaire en Bolivie. (Oui, aussi, j’aime raconter ma vie.
) Alors j’ai eu envie de revenir sur mon expérience indienne…
Mais maintenant, passons aux choses sérieuses…
Karan Seth est photographe. Il a un talent énorme et en attendant de réaliser le projet qui lui tient à cœur, il travaille pour le magazine India Chronicle. Son chef, Iqbal Syed, lui demande de prendre des photos de Samar Arora, un jeune pianiste très prometteur qui a tout plaqué un jour, en plein concert aux États-Unis. Il est difficile de l’approcher, mais Karan y arrive et découvre alors le monde de la jet-set de Bombay. Grâce à Samar, il fait la connaissance de Zaira, une magnifique actrice indienne, la meilleure amie de Samara, avec qui il devient très ami. Il rencontre aussi Rhea, une femme mariée, avec qui il a une affaire. L’existence de Karan et de son entourage est bouleversée le jour où Zaira est assassinée.
Le roman est découpé en trois parties. Dans la première, nous faisons la connaissance de Karan et des différentes personnes qu’il rencontre. Nous découvrons la jet-set et ses people. La partie suivante débute après le meurtre de Zaira et tout au long de cette deuxième partie, nous suivons le procès. On découvre une Inde plus que corrompue, où les personnes ayant le pouvoir et l’argent peuvent rendre des gens innocents. « en Inde, la corruption ne polluait pas l’atmosphère, elle était l’atmosphère. » On assiste à la déchéance de Karan et de Samar. Enfin, la troisième partie est une sorte d’épilogue nous montrant comment les différents personnages arrivent à être enfin en paix (enfin, tout étant relatif !)
Je dois avouer que j’ai trouvé la première partie affligeante. L’auteur s’évertue à agrémenter son écriture de métaphores que j’ai trouvé la majorité du temps trop lyriques, trop empruntées, à la limite du ridicule. « Approchant, il pénétra dans la cosmologie privée de sa curiosité éhontée. » Le point d’orgue, page 100 : (yeux chastes s’abstenir !) « Saisissant ses hanches, elle l’attira à lui, puis le repoussa, arrêtant son gland à l’orée de sa chose cachée. » Et le bouquet final (c’est le cas de le dire) à la page suivante : « il était sur le point de jouir. Elle la reçut en experte, son épaisse pluie d’un orage furibond. » Je dois avouer que là, j’étais à l’orée d’abandonner ce roman.
Mais finalement, j’ai persévéré, poussée par la curiosité de voir jusqu’où l’auteur souhaitait emmener son lecteur (car Zaira n’était toujours pas morte comme c’était annoncé en quatrième de couverture). Les deuxième et troisième parties sont moins mauvaises que la première, le style devient moins métaphorique, mais on a quand même droit à de merveilleuses petites perles comme « Elle agita le quiqui de son mari » ou « de joyeux drilles installés à une table circulaire, sans doute défoncés, dégageant une énergie charmeuse, pulsant avec toute l’assurance obscène d’une érection. »
Le style de Siddharth Dhanvant Shanghvi m’a tellement exaspéré dans la première partie qu’il m’était impossible de prendre ce roman au sérieux, malgré son sujet et sa dénonciation de la corruption indienne. Et donc, il m’a été impossible de m’attacher aux différents personnages, je n’ai éprouvé aucune empathie pour eux. Rien dans ce roman n’a suscité mon intérêt finalement…
Malgré tout, je remercie Masse Critique et les Éditions des 2 Terres pour l’envoi.
D’autres avis aussi peu enthousiastes que le mien : Amanda, Cynthia (grâce à qui j’ai appris que le roman était inspiré d’un fait réel), Keisha (nous avons eu exactement le même ressenti !). Mais aussi des avis enthousiastes : Manu, Tamara.
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A défaut de vous montrer une photo des derniers flamants de Bombay, voici des flamants roses boliviens :








Ouais, bon, je suis ravie de ne pas l’avoir reçu
@ Stephie : Si tu insistes, je peux te le prêter.
Ben là je retrouve tout à fait mes impressions de lecture (je cite des passages moins chauds mais tout aussi harlequinesques), c’est dommage. La dernière partie est meilleure, oui. Tout n’est pas à jeter dans ce roman qui aurait pu être bon, si l’auteur avait évité ces phrases ridicules. Il en est capable! Mais l’agacement m’a franchement gâché la lecture.
@ Keisha : C’est vrai que ce roman a un côté harlequinesque assez prononcé dans la première partie…
C’est dommage car tu as raison, ça gâche le reste.
Ton avis rejoint complètement le mien ! Pas non plus réussi à apprécier le style de l’auteur ni à m’attacher aux personnages :/
@ Cynthia : C’est un loupé pour nous ! Tant pis !
Clairement pas pour moi, ce livre!
@ Pimpi : Ah non !
Bcp de critiques négatives sur ce roman. Tu donnes envie de voyager ! Pourtant je viens de revenir, déjà envie de repartir…
@ Theoma : Plus on voyage, plus on a envie de voyager…
J’ai un faible pour les romans indiens, ayant pas mal vécu en Inde (ya pas de smiley nostalgique?). Dommage pour celui-là! Je me suis bien marrée en voyant tes flamands roses et en même temps, qu’est-ce que c’est joli!
@ Casanova : Ah zut ! Je voulais te le rapporter au pique-nique pour que tu puisses éventuellement tenter cette lecture quand même… et oui, les flamants roses, c’est beeeeaaaauuuu !
J’ai abandonné assez rapidement cette lecture qui m’a fortement déplue. Le style n’est pas passé du tout.
@ Bladelor : C’est clair, le style est vraiment rédhibitoire…
J’aime la littérature indienne mais beaucoup d’avis négatifs pour celui-ci, je passerai donc mon tour sans regret !
@ Fleur : Je suis sure qu’il y a de bien meilleurs romans dans la littérature indienne.
J’adore les citations… ce n’est pas ce livre qui me fera découvrir la littérature indienne !
@ Lilly : En effet, je te conseille un autre roman pour découvrir la littérature indienne.
C’est vrai que ces phrases m’ont fait tiquer mais pas au point de me gâcher la lecture
@ Manu : Rhaaaa… moi, ces phrases ont vraiment gâché ma lecture !!
Définitivement, les avis vont dans tous les sens. Mais sérieux, je pense que les extraits me suffisent. Amplement, même.
@ Karine : Oui oui, c’est bien suffisant !