« Je viens vous voir pour le dossier 114 », dit-il.
Fallait-il qu’en plus de son étrange apparence il prononce des phrases aussi stupides ? Nathalie n’avait aucune envie de travailler aujourd’hui. C’était la première fois depuis si longtemps. Elle se sentait comme désespérée : elle aurait presque pu partir en vacances à Uppsala, c’est dire. Elle observait Markus qui ne bougeait pas. Il la regardait, avec émerveillement. Pour lui, Nathalie représentait cette sorte de féminité inaccessible, doublée du fantasme que certains développent à l’endroit de tout supérieur hiérarchique, de tout être en position de les dominer. Elle décida alors de marcher vers lui, de marcher lentement, vraiment lentement. On aurait presque eu le temps de lire un roman pendant cette avancée. Elle ne semblait pas vouloir s’arrêter, si bien qu’elle se retrouva tout près du visage de Markus, si proche que leurs nez se touchèrent. Le Suédois ne respirait plus. Que lui voulait-elle ?
« Pour le dossier 114, nous verrons plus tard. »
Elle ouvrir la porte, et proposa à Markus de sortir.
La délicatesse J – 3
18 décembre 2011 par Caroline



