J’étais à peine entré dans la salle des grandes urgences que déjà le diagnostic me sautait aux yeux.
Le malade suffoquait. À demi assis sur la civière, la tête tournée à droite, le visage angoissé et souffrant, il posait la main gauche sur son thorax découvert. Il fléchissait les jambes, sans doute pour mieux soutenir les muscles de la respiration. À son côté, une Augustine se penchait sur son bras droit pour y fixer la perfusion intraveineuse.
Je ne savais pas à ce moment que ce tableau reviendrait me hanter et resterait longtemps gravé dans ma mémoire.
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Le narrateur des Coeurs tigrés, premier roman d’Yves Morin nous raconte comment, en 1965, il a fait face à une nouvelle maladie mortelle. À l’époque, jeune cardiologue, il voit arriver dans la salle des hommes de jeunes malades, prostrés dans cette même position si particulière. Aidé d’un jeune interne français, Ernest Duplin, et de l’anatomopathologiste, Jean-Louis Malenfant, il tente de découvrir ce qui se cache derrière cette maladie : les différents symptômes, le traitement, mais surtout sa cause.
Ses journées sont aussi ponctuées régulièrement de petits entretiens avec sœur Sainte-Geneviève, l’officière responsable de la salle des hommes de l’Hôtel-Dieu. La sœur augustine aime perpétuer la tradition orale en racontant l’histoire de sa communauté. C’est ainsi qu’elle raconte à notre narrateur l’arrivée à Québec du docteur Jean de Bonamour, il y a trois siècles. Et ainsi lui fait découvrir que, premier médecin à avoir pratiqué à l’Hôtel-Dieu, lui aussi a été confronté à une nouvelle maladie en son temps.
Voilà un premier roman foisonnant ! L’histoire des Augustines au 17e siècle, la pratique de la médecine à cette époque et plus récemment dans les années soixante, tout cela semble richement documenté et est parfaitement rendu. Yves Morin, lui-même cardiologue, n’hésite pas à nous expliquer en détail les symptômes, les maladies, les traitements, sans que cela ne soit indigeste. Mais j’ai trouvé que ce roman est peut-être un peu trop long à arriver jusqu’à la solution qui s’esquissait depuis un moment. Un défaut largement compensé par tout ce que pourront y apprendre les amateurs de romans historiques ou médicaux !
Les Coeurs tigrés, Yves Morin
Septentrion, Hamac classique, 2011
452 pages
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Bonne semaine et merci de nous faire un peu rêver… Pascal.
Intéressant !