Cinquième de couverture
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« J’aime beaucoup flâner en librairie et repartir avec des livres encore inconnus dont la voix me touche déjà. »

Natacha Andriamirado

L’héroïne de Caracal est bibliothécaire, et ce n’est surement pas un hasard, car son auteur, Natacha Andriamirado, est une amoureuse des livres, des auteurs et de… leurs voix !

C’est ce que je vous invite à découvrir aujourd’hui à travers son potentiel livresque.

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Êtes-vous une grosse lectrice ?

J’ai mes périodes de boulimie. Je peux ne rien lire pendant des jours. Mais une chose est sûre, c’est que j’ai toujours mon stock de provisions près de moi. On ne sait jamais, la faim peut arriver sans crier gare et être tenace. Je peux m’emparer alors d’un livre alléchant et le dévorer ensuite à pleines dents. Je veille également à ce qu’il y ait autant de salés que de sucrés pour pouvoir me nourrir de tout dès que la gourmandise arrive. Mais… ai-je bien répondu à votre question ? « Grosse » lectrice… on est toujours gros par rapport à quelqu’un, non ? Donc, par rapport à mon éditeur je suis d’une maigreur monstrueuse. Par rapport à ma copine Vévé, je suis inévitablement obèse !

Comment choisissez-vous vos lectures ?

J’aime beaucoup flâner en librairie et repartir avec des livres encore inconnus dont la voix me touche déjà. Mais pour cela il faut du temps… Je suis aussi influencée par des articles, mais surtout par la radio (dont une fréquence particulière) où plusieurs critiques se retrouvent autour d’un livre avec des avis divergents. Une vraie leçon de démocratie houleuse et passionnée qui, au final oriente souvent mes choix. Sans compter la voix des auteurs parfois invités sur l’antenne qui m’influencent encore plus. Tiens, tiens, encore une histoire de voix…

Comment lisez-vous ?

Dans un silence monacal. Le soir, c’est quand tout le monde dort ! Un peu à l’image de Coline, le personnage de mon roman, avec une tisane pas très loin. Mais les ressemblances s’arrêtent là. S’il m’arrive de prendre un livre dans un lieu public, le métro, le bus, une salle d’attente ou un café, je lis en réalité très mal parce que trop absorbée par ce qui m’entoure. Alors, si vous me rencontrez avec un livre à la main dans un de ces lieux, vous pourrez toujours vous moquer de moi en me disant d’arrêter de faire semblant de lire, car vous serez en effet très proche de la vérité !

Avez-vous un auteur ou un livre culte ?

Toujours très mal à l’aise pour répondre à cette question. J’ai des auteurs qui m’ont marquée comme Dostoïevski, Conrad, Malcolm Lowry, Durrell, Sarraute, pour leur ton si particulier, leur univers si différent du mien, leur style. Le poète Joë Bousquet aussi, qui a influencé les surréalistes et dont les Lettres à Poisson d’Or m’ont accompagnée durant des années. Le personnage de Coline dans Caracal lui doit beaucoup dans cette façon de façonner la réalité… Mais dernièrement j’ai lu Romain Rolland, Jean-Christophe que j’ai beaucoup aimé avec ce personnage lyrique et en colère que j’aurai bien aimé rencontré « pour de vrai » ! Bref, j’ai plusieurs auteurs qui m’accompagnent, jamais un seul, et vers qui je reviens parfois. Donc pour faire court, je n’ai pas de livre culte mais des livres et des auteurs amis qui ont la bienveillance et la force d’être éternels !

Êtes-vous plutôt Marcel, Émile, Gustave ou Honoré ?

Chacun d’eux a su me marquer selon mon âge… Adolescente c’était Emile, puis Honoré est arrivé avec sa peau de chagrin, ensuite Marcel est venu le déloger au moment où tout juste adulte je m’intéressais de plus près au désir triangulaire si largement répandu chez lui, et enfin Gustave, que je n’avais pas bien saisi dans mon insouciante jeunesse, a pris, aujourd’hui, une jolie place.

Quel est votre dernier coup de cœur littéraire ?

Les Vaincus d’Irina Golovkina. Il faut absolument le conseiller à vos lecteurs ! Un livre qui dresse les périodes de totalitarisme stalinien dans toute la société russe de l’époque mais qui au-delà de cela, nous fait réfléchir sur le musellement et la peur qui peuvent guider nos actes. Les personnages sont d’une complexité attachante, pétris de paradoxes et une fois le livre terminé, difficile de les oublier ou de les mettre sur une étagère… J’ai terminé le livre depuis le mois d’octobre et il est toujours près de moi. D’ailleurs je vous laisse, il faut que j’aille lui dire bonjour…

Cette entrée a été publiée le 25 février 2013 à 7:00 . Elle est classée dans Culture, Littérature et taguée , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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